4-19 avril 1993

France. Des « bavures » policières sanctionnées par le ministre de l'Intérieur

Le 4, un ouvrier de dix-huit ans interpellé par la police à Chambéry (Savoie) alors qu'il volait des pneus est tué par un coup de feu tiré « accidentellement ».

Le 6, un Zaïrois de dix-sept ans pris en flagrant délit de vol et maintenu en garde à vue contre l'avis du parquet est tué d'une balle dans la tête par un inspecteur de police du commissariat des Grandes-Carrières, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua déclare : « La police doit être soutenue, et elle le sera, mais tout manquement grave sera sévèrement sanctionné. » Des incidents violents accompagnés de scènes de pillages opposeront des jeunes aux forces de l'ordre dans le XVIIIe arrondissement de Paris les 7, 8 et 10.

Le 7, un jeune de dix-sept ans d'origine maghrébine est mortellement blessé d'une balle dans la tête tirée « accidentellement » par un des policiers venus mettre fin au rodéo automobile nocturne auquel il participait avec d'autres jeunes, à Wattrelos (Nord). Il s'avère que l'auteur du coup de feu était en état d'ivresse. Des affrontements se déroulent à Tourcoing, le 9.

Le 8, Charles Pasqua suspend les trois policiers impliqués ainsi que le commissaire principal des Grandes-Carrières. L'inspecteur qui a tué le jeune Zaïrois est mis en examen pour homicide volontaire.

Le 9, le ministre de l'Intérieur présente les excuses du gouvernement aux familles des victimes, qui lancent des appels au calme.

Le 19, au terme d'une journée de rencontre avec les syndicats de policiers, Charles Pasqua exige que la police soit « au plus haut point respectueuse des droits de l'homme ».

— Universalis

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