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26 février-5 mars 1997

Suisse. Regain de la polémique sur les biens juifs et l'« or nazi »

Le 26, le gouvernement approuve la création d'un fonds spécial d'aide destiné aux victimes de l'holocauste, qui sera alimenté, dans un premier temps, par des versements effectués par les principales banques du pays. Des fonds publics devraient s'y ajouter à l'issue de la publication des conclusions d'une commission d'enquête. Cette décision répond aux critiques, portées depuis de nombreux mois par les organisations juives à l'encontre de la Confédération au sujet du sort des fonds déposés dans ses banques par des juifs qui allaient mourir en déportation. La Suisse est également accusée d'avoir acheté à l'Allemagne nazie de l'or dont elle ne pouvait ignorer l'origine suspecte : il aurait été volé aux pays occupés et aux déportés juifs.

Le 5 mars, dans un discours solennel devant les deux chambres du Parlement, le président du Conseil fédéral, Arnold Koller, annonce son intention de créer une Fondation de la solidarité destinée à venir en aide aux victimes de l'holocauste, mais aussi à « soulager des cas graves de détresse humaine en Suisse et à l'étranger ». L'institution serait dotée de 7 milliards de francs suisses provenant du rendement d'une partie des avoirs en or de la Banque nationale suisse (B.N.S.). Ce projet constitue une réponse aux accusations selon lesquelles la Confédération aurait tiré profit des biens juifs durant la guerre. Par ailleurs, le Conseil fédéral approuve l'intention de la B.N.S. de verser 100 millions de francs suisses au fonds d'aide créé par les banques helvétiques, qui y ont déjà apporté une somme équivalente.

— Universalis

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