2-23 septembre 2015Union européenne. Afflux croissant de migrants et accord sur leur répartition.

 

Le 2, la publication dans la presse de la photo du corps d’un jeune enfant syrien rejeté par la mer sur une plage turque, à la suite du naufrage de l’embarcation dans laquelle sa famille tentait de gagner l’Europe, suscite une émotion sans précédent depuis le début de la crise migratoire. Selon Ankara, environ deux mille personnes tentent chaque jour de rejoindre la Grèce depuis les côtes turques.

Le 3, le Premier ministre hongrois Viktor Orban déclare dans la presse que les migrants menacent « les racines chrétiennes » de l’Europe.

Le 4, dans une lettre adressée au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et à celui du Conseil européen Donald Tusk, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande invoquent « la responsabilité de chaque État membre et la solidarité de tous » face à la crise migratoire. Ils appellent notamment à la mise en place d’un « mécanisme permanent et obligatoire de relocalisation » des réfugiés dans les États de l’Union, ce qui constitue une évolution de la position française jusque-là hostile au principe des quotas de migrants par pays.

Le 4, les chefs de gouvernement des pays membres du « groupe de Visegrad » – République tchèque, Slovaquie, Pologne et Hongrie – réunis à Prague se prononcent solennellement contre l’instauration d’un système imposé de répartition des réfugiés dans l’Union.

Le 4 également, le Premier ministre britannique David Cameron annonce son intention d’accueillir des « milliers » de migrants syriens supplémentaires, mais dans le cadre strict d’un programme britannique de « relocalisation de personnes vulnérables » vivant dans des camps en Turquie, au Liban ou en Jordanie.

Le 5, l’Autriche, en accord avec Berlin, ouvre ses frontières afin de désengorger Budapest où affluent depuis plusieurs jours des milliers de migrants en route vers l’Allemagne. La Hongrie constitue la principale porte d’entrée des migrants proche-orientaux dans l’espace Schengen.

À partir du 5, des milliers de migrants arrivent quotidiennement à Munich en provenance d’Autriche et de Hongrie, chaleureusement accueillis par la population allemande.

Le 7, François Hollande se dit prêt à accueillir en France vingt-quatre mille demandeurs d’asile supplémentaires sur deux ans, conformément au plan de répartition que la Commission européenne s’apprête à rendre public. La France s’était déjà engagée en juin à accueillir près de neuf mille personnes.

Le 7 également et les lundis suivants, le mouvement allemand des Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident (Pegida) rassemble quelques milliers de sympathisants à Dresde (Saxe).

Le 9, Jean-Claude Juncker propose l’adoption d’un mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile qui serait activé par la Commission européenne en cas de « pression [migratoire] extrême », à destination de populations « en besoin manifeste d’une protection internationale », selon une clé de répartition tenant compte de la situation de chaque État membre. Le président de la Commission évoque le chiffre de cent vingt mille demandeurs d’asile à accueillir en urgence dans l’Union.

Le 13, l’Allemagne, vers laquelle les migrants continuent d’affluer en masse, rétablit les contrôles d’identité à sa frontière avec l’Autriche, puis le 17 avec la République tchèque. Entre ces mêmes dates, la République tchèque, la Slovaquie, l’Autriche et la Slovénie rétablissent à leur tour les contrôles à leurs frontières méridionales. La convention de Schengen, dont tous ces pays sont signataires, prévoit la possibilité, en cas de crise, de déroger au principe de libre circulation des personnes.

Le 14, le conseil européen des ministres de l’Intérieur ou de l’Immigration, réuni à Bruxelles, ne parvient pas à trouver un accord sur la répartition des cent vingt mille demandeurs d’asile parmi les États membres, en raison de l’hostilité des États du groupe de Visegrad, ainsi que de celle de la Roumanie et de la Lettonie. Il valide toutefois le plan de répartition de quarante mille migrants présenté en mai par la Commission.

Le 14 également, la Hongrie achève la mise en place d’une clôture sur la totalité de sa frontière avec la Serbie. Les jours suivants, les migrants tentent de contourner le pays en passant par la Croatie.

Le 22, les ministres européens, de nouveau réunis à Bruxelles, approuvent par un vote à la majorité qualifiée – procédure rare –, le plan de répartition de cent vingt mille demandeurs d’asile proposé par la Commission. La République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie continuent de s’y opposer.

Le 23, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union réunis en sommet à Bruxelles décident d’augmenter d’« au moins 1 milliard d’euros » leur aide aux pays voisins de la Syrie – Turquie, Liban, Jordanie – qui accueillent le plus de migrants, ainsi que de renforcer leur contribution au fonctionnement de l’agence Frontex chargée de rapatrier les migrants n’ayant pas obtenu l’asile.

Migrants syriens en Croatie, 2015

Migrants syriens en Croatie, 2015

photographie

Des familles de migrants syriens sur les routes de Croatie orientale, près d’Ilok, le 23 septembre 2015. Après la fermeture de la frontière entre la Serbie et la Hongrie, la Croatie est une des dernières portes d’entrée dans l’Union européenne pour les migrants. 

Crédits : Antonio Bat/ EPA

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«  2-23 septembre 2015 - Union européenne. Afflux croissant de migrants et accord sur leur répartition. », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/2-23-septembre-2015-afflux-croissant-de-migrants-et-accord-sur-leur-repartition/