2-20 juillet 2023

France. Réactions aux violences urbaines.

Le 2, alors que se poursuivent les violences urbaines consécutives à la mort du jeune Nahel Merzouk, tué par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine) fin juin, le domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), Vincent Jeanbrun (LR), est la cible d’une attaque à la voiture-bélier et d’une tentative d’incendie en pleine nuit. Une enquête judiciaire est ouverte le jour même pour tentative d’assassinat. De nombreux autres maires ont été visés lors des quatre précédentes nuits d’émeutes. Des rassemblements d’élus et d’habitants en soutien à Vincent Jeanbrun se tiendront le lendemain dans de nombreuses villes à l’appel de l’Association des maires de France (AMF).

Le 4, le président de la République Emmanuel Macron reçoit à l’Élysée quelque deux cent vingt maires dont les communes ont été le théâtre de saccages, de pillages et de violences lors des émeutes des derniers jours.

Le 4 également, la presse confirme l’ouverture d’une information judiciaire pour « coups mortels avec usage ou menace d’une arme » par le parquet de Marseille au sujet de la mort d’un jeune homme, le 2, à la suite d’un « choc violent au niveau du thorax causé par le tir d’un projectile de type Flash-Ball ». Une enquête a également été ouverte pour « fait de violence volontaire » au sujet d’un jeune homme plongé dans le coma après avoir reçu un projectile tiré par un policier, le 30 juin, à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle).

Le 4 toujours, le ministère de la Justice indique que trois cent quatre-vingts personnes ont été incarcérées au cours des journées d’émeutes, en application de la circulaire publiée fin juin par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, qui demandait une réponse pénale « ferme, rapide et systématique » aux violences.

Le 5, à la suite des récentes émeutes, quatre-vingt-dix organisations de gauche parmi lesquelles des syndicats, des partis politiques – à l’exception notable des partis socialiste et communiste –, des associations et des collectifs de quartier publient un texte commun dénonçant « des décennies de politiques publiques discriminatoires et sécuritaires », ainsi que le « racisme systémique » régnant dans la société.

Le 6, le parti Les Républicains (LR) présente son « plan pour restaurer l’ordre public en France ». Celui-ci préconise notamment l’augmentation du nombre de places de prison, la diminution à seize ans de l’âge de la majorité pénale, le renforcement de la responsabilité pénale des parents ou la déchéance de nationalité pour les criminels binationaux. La veille, le chef du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau avait affirmé dans un entretien sur une chaîne de radio que les émeutiers ne sont français que « par leur identité » et que, « malheureusement, pour la deuxième, la troisième génération [des personnes d’origine immigrée], il y a comme une sorte de régression vers les origines ethniques ».

Le 8, lors du rassemblement annuel, interdit par la Préfecture de police de Paris, commémorant la mort d’Adama Traoré à la suite de son interpellation par des gendarmes, en juillet 2016, à Persan (Val-d’Oise), son frère Yssoufou Traoré est brutalement interpellé, puis relâché. Le 12, le parquet de Paris annonce l’ouverture d’une enquête pour « violences volontaires par personnes dépositaires de l’ordre public ».

Le 20, le Parlement adopte définitivement le projet de loi visant à faciliter les travaux de reconstruction des bâtiments détruits ou endommagés lors des violences urbaines.

— Universalis

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