12-19 mars 1989France. Succès du P.S. aux élections municipales

 

Le 12, plus de 38 millions d'électeurs sont appelés à renouveler les conseils municipaux des 36 736 communes de métropole et d'outre-mer. Au terme d'une campagne sans passion, marquée par l'agitation sociale, les résultats du premier tour confirment les craintes des états-majors quant à l'abstention. Celle-ci est importante (27,18 p. 100), particulièrement dans les grandes villes : elle atteint 43,42 p. 100 à Paris. Globalement, le rapport des forces en voix entre la gauche (48,02 p. 100) et la droite (50,34 p. 100) reste stable par rapport aux législatives de juin 1988. On constate une poussée des écologistes (1,47 p. 100 ; + 0,89 p. 100 par rapport à 1983) et une stagnation du Front national, qui réussit cependant à s'implanter dans plusieurs grandes villes. Au sein de la gauche, le P.S. l'emporte largement dans les villes où il s'opposait au P.C.F. et comble les pertes enregistrées en mars 1982. 13 des 394 villes de plus de 20 000 habitants changent de couleur dès le premier tour, le P.C.F. et le P.S. en perdant chacun trois, le P.S. en gagnant sept, dont Nantes et Chambéry. La droite en gagne six, dont Angoulême pour l'U.D.F. et Montbéliard pour le R.P.R. Le Premier ministre se félicite que « ni protestation ni désaccord » n'aient été exprimés à l'encontre de sa politique.

Les jours suivants, les écologistes et le Front national, arbitres de la situation dans de nombreuses municipalités, sont au centre des tractations. Si les premiers, qui peuvent se maintenir dans seize villes de plus de 20 000 habitants, refusent des accords d'alliance systématiques avec la gauche, notamment à Strasbourg, le second se retrouve isolé par l'opposition qui refuse de conclure tout accord avec lui. Les consignes de désistement sont respectées, aussi bien entre le P.C.F. et le P.S. qu'entre le R.P.R. et l'U.D.F., malgré quelques « bavures ».

Le 19, le second tour s'annonce très ouvert, puisque, sur les 173 villes de plus de 20 000 habitants en ballottage, on compte 83 triangulaires et 23 quadrangulaires. L'abstention reste importante (26,90 p. 100), mais elle recule dans les grandes villes. Le P.S. gagne 35 de celles-ci (dont Strasbourg, Brest, Dunkerque et Aix-en-Provence), mais en perd 12 ; à Marseille, Robert Vigouroux (P.S. dissident) est élu. Le P.C.F. perd quinze villes pour une gagnée (Saint-Quentin). Dans l'opposition, qui ne contrôle plus que 180 grandes villes, le R.P.R. en gagne 13 et en perd 20, et l'U.D.F., 12 et 22. Jacques Chirac à Paris et Michel Noir à Lyon réussissent le « grand chelem ».

—  Universalis



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«  12-19 mars 1989 - France. Succès du P.S. aux élections municipales », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/12-19-mars-1989-succes-du-p-s-aux-elections-municipales/