10-13 juin 1999Union européenne. Élections européennes

 

Le 10, les électeurs du Danemark, des Pays-Bas et du Royaume-Uni désignent leurs députés européens.

– Danemark, 16 sièges. Les antieuropéens confortent leur position avec quatre partis qui totalisent 6 sièges (+ 2 par rapport au scrutin de juin 1994), avec 35,3 p. 100 des suffrages. Avec 22,7 p. 100 des voix et 5 élus (+ 1), les libéraux (opposition proeuropéenne) devancent les sociaux-démocrates au pouvoir – 16 p. 100 des suffrages et 3 députés. Les conservateurs sont en recul, avec 8,2 p. 100 des voix et 1 siège (— 2). Le taux d'abstention est de 50 p. 100.

– Pays-Bas, 31 sièges. La coalition au pouvoir est en recul : les socialistes obtiennent 20,1 p. 100 des suffrages et 6 sièges (— 2) ; D'66, 5,8 p. 100 des voix et 2 députés (— 2) ; les libéraux, 19,7 p. 100 des suffrages et 6 élus. Les chrétiens-démocrates (opposition) arrivent en tête malgré leur léger recul, avec 26,9 p. 100 des voix et 9 sièges (— 1). L'extrême gauche antieuropéenne obtient 5 p. 100 des suffrages et 1 siège (+ 1) et les Verts, « proeuropéens critiques », 11,9 p. 100 des voix et 4 élus (+ 3). La liste protestante antieuropéenne progresse, avec 8,7 p. 100 des suffrages et 3 élus (+ 1). Le taux d'abstention atteint 70,1 p. 100.

– Royaume-Uni, 87 sièges. Le taux d'abstention, très élevé, 77 p. 100, dessert les proeuropéens. Avec 28 p. 100 des suffrages et 29 sièges (— 33), le Parti travailliste au pouvoir subit un sévère échec que l'introduction de la représentation proportionnelle accentue encore. Les conservateurs, hostiles à l'euro, remportent 35,8 p. 100 des voix et 36 élus (+ 18). Les libéraux-démocrates, proeuropéens, dont le score est en baisse avec 12,7 p. 100 des suffrages, obtiennent toutefois 10 députés (+ 8). Le Parti de l'indépendance, très antieuropéen, réalise 7 p. 100 des suffrages et fait son entrée au Parlement européen avec 3 élus. En Irlande du Nord, le Parti démocratique de l'Ulster, le Parti social-démocrate travailliste et le Parti unioniste d'Ulster obtiennent chacun 1 élu, avec respectivement 28,4 p. 100, 28,1 p. 100 et 17,6 p. 100 des voix. Le Sinn Fein accroît fortement son score – 17,3 p. 100 des suffrages – sans obtenir d'élu.

Le 11, les électeurs de la République d'Irlande désignent à leur tour leurs députés européens.

– République d'Irlande, 15 sièges. Le Fianna Fail au pouvoir et le Fine Gael (opposition) maintiennent leur position, avec respectivement 38,6 p. 100 des suffrages et 6 sièges (— 1) et 24,6 p. 100 des voix et 4 élus. Les travaillistes conservent leur unique siège, avec 8,7 p. 100 des suffrages, et les Verts leurs 2 députés, avec 6,7 p. 100 des voix. La surprise vient de la liste indépendante conduite par la chanteuse Dana qui remporte 15 p. 100 des suffrages et 2 sièges. Le taux d'abstention est de 56,5 p. 100.

Le 13, les électeurs des autres pays membres de l'Union désignent leurs députés européens.

– Allemagne, 99 sièges. Avec 30,7 p. 100 des suffrages et 33 sièges (— 7), les sociaux-démocrates au pouvoir subissent un grave revers. Second membre de la coalition gouvernementale, les Verts sont également en recul, avec 6,4 p. 100 des suffrages et 7 députés (— 5). À l'inverse, les chrétiens-démocrates et les chrétiens-sociaux progressent fortement, avec 48,7 p. 100 des voix et 53 élus (+ 6). Les communistes font leur entrée au Parlement de Strasbourg, avec 5,8 p. 100 des voix et 6 élus. Le taux d'abstention s'élève à 54,8 p. 100.

– Autriche, 21 sièges. Les sociaux-démocrates au pouvoir progressent, avec 31,7 p. 100 des suffrages et 7 sièges (+ 1 par rapport au premier scrutin d'octobre 1996). Les conservateurs conservent leurs 7 élus, avec 30,6 p. 100 des voix. L'extrême droite est en recul, avec 23,5 p. 100 des suffrages et 5 députés (— 2). Avec 9,2 p. 100 des voix, les Verts obtiennent 2 sièges. Le taux d'abstention est de 51 p. 100.

– Belgique, 25 sièges. Dans le collège francophone, les libéraux – 10 p. 100 des voix – et les socialistes – 9,6 p. 100 – conservent leurs 3 sièges. Les sociaux-chrétiens reculent, avec 5 p. 100 des suffrages et 1 élu (— 1). Les Verts progressent, avec 8,4 p. 100 des voix et 3 députés (+ 2). Dans le collège néerlandophone, les socialistes – 8,9 p. 100 des suffrages et 2 sièges (— 1) – et les sociaux-chrétiens – 13,8 p. 100 et 3 députés (— 1) – régressent, tandis que les écologistes – 7,4 p. 100 des voix et 2 élus (+ 1) – et les régionalistes de Volksunie – 7,3 p. 100 des suffrages et 2 sièges (+ 1) – améliorent leur représentation. Les libéraux – 13,5 p. 100 des voix – conservent leurs 3 sièges et l'extrême droite du Vlaams Blok – 9,2 p. 100 des voix – ses 2 élus. Les sociaux-chrétiens – 0,2 p. 100 des voix – enlèvent le siège réservé au collège germanophone. Le taux d'abstention est de 15 p. 100.

– Espagne, 64 sièges. Le Parti populaire au pouvoir se maintient, avec 39,6 p. 100 des suffrages et 27 sièges (— 1), tandis que le Parti socialiste progresse, avec 35,3 p. 100 des voix et 24 élus (+ 2). Les partis nationalistes conservent leurs sièges : 3 pour la C.I.U. (catalan) – 4,5 p. 100 des suffrages –, 2 pour la Coalition européenne (nationalistes modérés) – 3,1 p. 100 des suffrages – et 2 pour la coalition des partis basques modérés – 3 p. 100 des voix. Le Bloc nationaliste galicien et la version électorale d'Herri Batasuna, branche politique de l'E.T.A., obtiennent chacun 1 député, avec respectivement 1,7 p. 100 et 1,5 p. 100 des suffrages. Les grands perdants du scrutin sont les communistes, qui ne recueillent que 5,8 p. 100 des voix et n'ont que 4 élus (— 5). Le taux d'abstention est de 35,7 p. 100.

– Finlande, 16 sièges. Les conservateurs, membres de la coalition gouvernementale, arrivent en tête avec 25,3 p. 100 des suffrages et conservent leurs 4 sièges. Les sociaux-démocrates au pouvoir sont en recul, avec 17,8 p. 100 des voix et 3 élus (— 1 par rapport au premier scrutin d'octobre 1996). Les Verts, également membres de la coalition gouvernementale, remportent un second siège avec 13,4 p. 100 des suffrages. Les centristes (opposition) recueillent 21,3 p. 100 des suffrages et obtiennent 4 députés. Les anciens communistes, antieuropéens, perdent 1 de leurs 2 sièges, avec 9,1 p. 100 des voix. Le taux d'abstention est de 68,6 p. 100.

– Grèce, 25 sièges. Avec 36,1 p. 100 des suffrages et 9 sièges, les conservateurs de Nouvelle Démocratie (opposition) devancent les socialistes du P.A.S.O.K. au pouvoir, qui obtiennent 32,9 p. 100 des voix et 9 élus (— 1). Le scrutin profite aux partis de la gauche non gouvernementale : les communistes remportent 8,6 p. 100 des suffrages et 3 sièges (+ 1), la gauche populiste issue d'une scission du P.A.S.O.K., 6,9 p. 100 et 2 élus (+ 2) et l'extrême gauche proeuropéenne, 5,1 p. 100 et 2 députés. Le taux d'abstention est de 32 p. 100.

– Italie, 87 sièges. Bien qu'en recul, les démocrates-chrétiens de Forza Italia (opposition) arrivent largement en tête, avec 25,2 p. 100 des suffrages et 22 sièges (— 5). Toujours dans l'opposition, les conservateurs de l'Alliance nationale recueillent 10,3 p. 100 des suffrages et 9 députés (— 2). Le Parti démocratique de la gauche au pouvoir obtient 17,3 p. 100 des voix et 15 sièges (— 1). Son allié, le Parti populaire, est en fort recul, avec 4,2 p. 100 des suffrages et 4 élus (— 5). La Ligue du Nord – 4,5 p. 100 des suffrages et 4 sièges – et Rifondazione Comunista – 4,3 p. 100 des voix et 4 élus – régressent. Deux nouvelles listes s'imposent : la liste réformatrice d'Emma Bonino, commissaire européen, avec 8,5 p. 100 des suffrages et 7 sièges, et la liste des démocrates de Romano Prodi, avec 7,7 p. 100 des voix et 7 élus. Le taux d'abstention est de 29,2 p. 100.

– Luxembourg, 6 sièges. Le scrutin laisse la représentation au Parlement de Strasbourg inchangée. Les chrétiens-sociaux et les socialistes au pouvoir conservent chacun leurs 2 sièges avec respectivement 31,1 p. 100 et 23,6 p. 100 des suffrages. Les libéraux (opposition) obtiennent 20,5 p. 100 des voix et 1 siège et les Verts, 10,7 p. 100 des suffrages et 1 élu. Le taux d'abstention est de 10 p. 100.

– Portugal, 25 sièges. Les socialistes au pouvoir remportent 43,1 p. 100 des suffrages et 12 sièges (+ 2), tandis que les sociaux-démocrates (libéraux, opposition) enregistrent un recul en suffrages, avec 31,1 p. 100 des voix et 9 élus. La liste regroupant les communistes et les Verts obtient 10,3 p. 100 des suffrages et 2 sièges (— 1) et la quatrième liste, de droite, 8,2 p. 100 des voix et 2 députés (— 1). Le taux de participation est de 59,7 p. 100.

– Suède, 22 sièges. Les sociaux-démocrates au pouvoir subissent une érosion de leur audience, avec 26,1 p. 100 des suffrages et 6 sièges (— 1 par rapport au premier scrutin de septembre 1995). Les conservateurs proeuropéens régressent également en nombre de voix – 20,6 p. 100 des suffrages – mais conservent leurs 5 députés. Les anciens communistes, eurosceptiques, remportent 15,8 p. 100 des voix et conservent leurs 3 sièges. Les libéraux font une percée, avec 13,8 p. 100 des suffrages et 3 élus (+ 2). Les Verts, antieuropéens, subissent un revers, avec 9,4 p. 100 des suffrages et 2 députés (— 2). Le taux d'abstention est de 38,3 p. 100.

—  Universalis



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«  10-13 juin 1999 - Union européenne. Élections européennes », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 juin 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/10-13-juin-1999-elections-europeennes/