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ZHANG XUELIANG[TCHANG HIUE-LEANG](1898-2001)

Surnommé le « jeune maréchal », gouverneur de Mandchourie évincé par les Japonais, la carrière militaire apporta à Zhang Xueliang peu de renom sur les champs de bataille. Il fut l'un des principaux protagonistes de l'« incident de Xi'an » en capturant Tchiang Kai-chek pour le persuader de rencontrer les communistes qu'il combattait depuis 1927 et lui faire conclure un accord avec Zhou Enlai contre le Japon.

Reddition chinoise - crédits : Topical Press Agency/ Getty Images

Reddition chinoise

Né au Liaodong, Zhang Xueliang est le fils cadet de Zhang Zuolin, le « vieux maréchal », puissant gouverneur de Mandchourie éliminé en 1928 par les Japonais. Formé à l'académie militaire de Fengtian, il prend part à quelques campagnes opposant des satrapes rivaux jusqu'en 1926, puis combat en 1928 contre l'« expédition du Nord » lancée par le Guomindang pour substituer son pouvoir à celui des potentats nordistes. À la mort de son père, assassiné par les Japonais, Xueliang le remplace comme gouverneur de Mandchourie. Nankin et Tōkyō cherchant à s'approprier cette riche province, il manœuvre habilement puis finit par prêter allégeance à la République chinoise et entrer au Guomindang. Le 18 septembre 1931, l'« incident de Mandchourie » marque le début de la pénétration nippone en Chine. Devant les empiétements successifs du Japon, Tchiang Kai-chek temporise : partisan de consolider son pouvoir à l'intérieur et incapable de vaincre immédiatement le Japon, il a choisi d'anéantir d'abord les communistes. Sur ses conseils, Zhang Xueliang recule et refuse le combat malgré l'exaspération nationaliste de l'opinion. Quand le Japon envahit le Jehol en 1933, Zhang, considéré comme défaitiste, prétexte une cure pour soigner son opiomanie et se retire quelques mois en Europe occidentale où il fréquente les milieux diplomatiques des pays totalitaires. Rentré en Chine guéri, il est nommé commandant en chef adjoint de Tchiang Kai-chek et reprend du service contre les communistes, mais se fait battre et perd deux divisions en 1935. C'est alors que Zhang Xueliang semble avoir apprécié à leur juste mesure un certain nombre de faits : impressionné par le patriotisme enthousiaste de nombreux jeunes officiers, las de se battre depuis des années contre des Chinois et qui veulent se mesurer avec les Japonais, connaissant les idées progressistes de beaucoup d'entre eux qui laissent clairement entendre que seuls les communistes songent à établir un régime démocratique, il perçoit également l'ampleur du mouvement nationaliste antinippon entretenu par l'intelligentsia et une partie de la bourgeoisie (boycottage des denrées japonaises ; mouvements critiques à l'égard du gouvernement de Nankin, telle « l'Union pour le salut national » fondée en 1936 par des étudiants et patronnée par Mme Sun Yat-sen). Aussi, en 1936, Zhang Xueliang prend-il secrètement contact avec les communistes des bases du Shaanxi et tente-t-il de convaincre Tchiang Kai-chek, obstiné dans ses désastreuses « campagnes d'anéantissement communiste », de conclure une trêve avec les révolutionnaires. Le 12 décembre 1936, Zhang fait arrêter son supérieur venu à Xi'an proclamer la sixième « campagne d'extermination finale » et le presse de pactiser avec les communistes contre l'ennemi commun japonais. Aussitôt avertis de la capture du généralissime, Zhou Enlai et Ye Jianying, chefs de l'état-major régional communiste, interviennent sur place pour persuader Tchiang Kai-chek d'accepter les huit points d'un programme qui se résument à cesser la guerre civile pour combattre le Japon.

Après que Tchiang Kai-chek eut accepté, verbalement, les exigences de ses nouveaux alliés, Zhang Xueliang le libère le 25 décembre, tout en se constituant lui-même prisonnier dans l'attente de son châtiment. Condamné par une cour martiale de Nankin à dix ans de forteresse,[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Reddition chinoise - crédits : Topical Press Agency/ Getty Images

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Autres références

  • MANDCHOURIE

    • Écrit par Jean CHESNEAUX
    • 1 972 mots
    • 7 médias
    ...central » de Pékin, notamment en 1920 et en 1926. Ses ambitions inquiètent toutefois ses protecteurs japonais, qui le font assassiner en 1928. Son fils Zhang Xueliang lui succède et assiste en 1931 à la conquête de ses trois provinces par le Japon. Il en rend responsable l'incurie du Guomindang, et tente...
  • XI'AN INCIDENT DE (1936)

    • Écrit par Michel HOANG
    • 917 mots

    Mutinerie d'un caractère original, la capture de Tchiang Kai-chek par Zhang Xueliang, connue comme « l'incident de Xi'an », constitue une péripétie diplomatique dont les implications politiques et psychologiques ont marqué le destin de la Chine et, en particulier, le développement de son sentiment...

Voir aussi