HEARST WILLIAM RANDOLPH (1863-1951)

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L'un des plus célèbres magnats de la presse, dont les méthodes influencèrent en profondeur le journalisme américain, né le 29 avril 1863 à San Francisco. Fils d'un riche sénateur, William Randolph Hearst étudie à Harvard pendant deux ans avant de se faire renvoyer pour ses frasques, allant du financement de beuveries à Harvard Square jusqu'à l'envoi de pots de chambre (contenant leur portrait) à ses professeurs. En 1887, il prend la direction d'un journal en difficulté, le San Francisco Examiner, que son père avait acheté en 1880 pour des raisons politiques. Hearst transforme le journal et en fait un mélange novateur de reportage d'investigation et de recherche du sensationnalisme. Deux ans plus tard, il affiche des bénéfices. En 1895, il s'introduit sur le marché de la presse new-yorkaise en rachetant le New York Morning Journal, qui jusqu'alors ne connaissait pas un grand succès. Il engage des plumes comme Stephen Crane et Julian Hawthorne et prend quelques-uns des meilleurs collaborateurs de Joseph Pulitzer au New York World, en particulier Richard F. Outcault, l'auteur des bandes dessinées The Yellow Kid. Le New York Journal (qui deviendra le New York Journal-American) atteint un tirage jamais égalé grâce à l'ajout de nombreuses illustrations, à ses sections magazine en couleur, à ses titres racoleurs, à ses articles sensationnalistes sur la criminalité et des sujets pseudo-scientifiques, à ses idées va-t-en-guerre et à son faible coût (un cent). Le Journal de Hearst et le World de Pulitzer s'engagent dans une guerre des tirages ; reportages à sensation et surenchères de promotion mettent le journalisme de New York en ébullition. La concurrence entre les deux journaux, y compris avec des bandes dessinées du Yellow Kid, est à l'origine du terme de « journalisme jaune » pour désigner la presse à sensation.

Le Journal fustige les Britanniques à propos du conflit frontalier entre le Venezuela et la Guyane britannique en 1895, puis réclame une guerre entre les États-Unis et l'Espagne. En publiant des reportages malhonnêtes et exagérés, les journaux de Hearst font monter la haine contre l'Espagne, au point d'avoir une part de responsabilité dans le déclenchement de la guerre hispano-américaine de 1898. Hearst soutient le candidat démocrate populiste William Jennings Bryan pendant la campagne présidentielle de 1896 puis pendant celle de 1900, durant laquelle il s'en prend au président républicain William McKinley, « instrument des trusts américains ».

Pendant son mandat, assez peu actif, à la Chambre des représentants (1903-1907), il reçoit un soutien considérable pour sa nomination comme candidat démocrate à la présidence en 1904. En 1905, il perd de 3 000 voix les élections à la mairie de New York contre le candidat du parti démocrate, Tammany Hall. En 1906, malgré ou peut-être en raison de sa demande de soutien au parti démocrate, il perd les élections au poste de gouverneur de New York et, en 1909, subit une seconde défaite, plus écrasante, aux élections à la mairie de New York. Après l'échec de ses ambitions politiques, Hearst continue de diffamer l'Empire britannique, s'oppose à l'entrée des États-Unis dans la Première Guerre mondiale et calomnie la Société des Nations et la Cour permanente de justice internationale.

En 1925, Hearst détient des journaux (qu'il a créés ou rachetés) dans tous les États-Unis, ainsi que plusieurs revues. Il publie également des romans et produit des films où joue l'actrice Marion Davies, sa maîtresse pendant plus de trente ans. Dans les années 1920, il construit un château grandiose sur une propriété de 97 000 hectares à San Simeon (Californie) et remplit cette immense résidence d'objets anciens et d'œuvres d'art qu'il a achetés en Europe. Au summum de sa fortune, en 1935, il possède 28 grands journaux et 18 revues, ainsi que plusieurs stations de radio, des sociétés de cinéma et des services d'information. Mais ses extravagances personnelles démesurées et la crise de 1929 affaiblissent considérablement sa position, et il n'a pas d'autre choix que vendre les journaux en difficulté financière ou les renflouer. En 1937, il doit se défaire de plusieurs de ses collections d'art et, en 1940, il perd le contrôle de l'immense empire de communication qu'il a construit. Il passe les dernières années de sa vie dans l'isolement complet et meurt à Beverly Hills le 14 août 1951. La vie de Hearst sert de trame au film d [...]

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« HEARST WILLIAM RANDOLPH - (1863-1951) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/william-randolph-hearst/