THOMSON VIRGIL (1896-1989)

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Figure de légende de la vie musicale américaine, Virgil Garnett Thomson avait acquis une notoriété de compositeur et de critique musical après avoir reçu l'essentiel de sa formation en France dans les années 1920. Il était d'ailleurs considéré comme le « Satie américain ».

Originaire de Kansas City, où il voit le jour le 25 novembre 1896, il fait ses études à l'université Harvard (à partir de 1919) avec Edward Burlingame Hill, A. T. Davison et S. Foster Damon, travaille le piano avec Heinrich Gebhard et l'orgue avec Wallace Goodrich à Boston. Il enseigne à Harvard (1920-1925). Puis il effectue un premier séjour à Paris (1921-1922), pendant lequel il étudie avec Nadia Boulanger. De retour à Harvard, il est organiste à King's College (1922-1923), puis il remporte un Juilliard Fellowship et travaille la composition à New York avec Rosario Scalero (1923-1924). Entre 1925 et la fin des années 1930, il vit principalement à Paris, où il fréquente Erik Satie et les membres du groupe des Six, Jean Cocteau et Pablo Picasso. Stravinski exerce une influence déterminante sur lui. Il travaille également avec Gertrude Stein, qui lui donnera les livrets de deux opéras, Four Saints in Three Acts (1928, créé en 1934) et The Mother of Us All (1947). En 1940, il se fixe à New York et accepte le poste de critique musical au New York Herald Tribune. Il assure cette chronique jusqu'en 1954, devenant, par la lucidité de ses analyses, l'un des critiques les plus respectés mais aussi les plus redoutés des États-Unis. En 1948, il reçoit le prix Pulitzer pour la musique du film de Richard Flaherty, Louisiana Story. Membre correspondant de l'Institut de France (Académie des beaux-arts), il siège à deux reprises (1960-1968 et 1975-1983) au bureau de l'A.S.C.A.P. (American Society of Composers, Authors and Publishers), la société américaine des auteurs et compositeurs. À la fin de sa vie, il se consacre uniquement à la composition et à la direction de ses œuvres. Il meurt à New York le 30 septembre 1989. Les principales universités l'avaient élevé au rang de docteur honoris causa (Syracuse, État de New York, 1949 ; New York, 1971 ; Columbia, 1978 ; Harvard, 1982 ; New England Conservatory, Boston, 1986).

Thomson a toujours refusé de suivre systématiquement les courants modernistes du moment. Il préférait s'attacher à la notion d'universalisme de la musique. La simplicité et la spontanéité de son écriture frisent parfois la naïveté. Sa musique touche à la plupart des genres et des styles, ce qui lui permet de faire usage des procédés les plus divers : il pratique avec autant de bonheur une écriture diatonique presque sans dissonance que le dodécaphonisme le plus complexe ; il cultive aussi aisément la cocasserie parisienne que l'austérité et puise régulièrement aux sources de la musique traditionnelle américaine, s'inscrivant dans la même démarche que des écrivains comme Ernest Hemingway ou Francis Scott Fitzgerald.

Ses deux premiers opéras ont assuré sa notoriété outre-Atlantique : le côté opéra-bouffe teinté de surréalisme et d'emprunts aux negro spirituals de Four Saints in Three Acts en a fait l'un des classiques du théâtre lyrique américain ; conçu pour être chanté par des Noirs, on l'a surnommé le « Parsifal nègre » ; quant à The Mother of Us All, qui évoque la vie de la suffragette Susan B. Anthony, il avait déjà connu plus d'un millier de representations lorsqu'il fut enregistré pour la première fois, une trentaine d'années après sa création à New York en 1947. En 1972, Thomson présentait un troisième opéra, plus lyrique, Lord Byron (1961-1968), mais celui-ci n'a pas connu le succès de ses deux aînés. Dans le domaine scénique, il est l'auteur de cinq ballets et de plusieurs musiques de scène pour des pièces de Shakespeare (Hamlet) et d'Euripide (Médée). Pour l'orchestre, il a composé trois symphonies (no 1, 1928 ; no 2, 1941 – arrangement de sa Sonate pour piano no 1 ; no 3, 1972) ainsi que des concertos pour violoncelle (1950), pour flûte et harpe (1954) et pour harpe (Autumn, concertino, créé par Nicanor Zabaleta en 1964). Il a confié à la voix certaines de ses partitions les plus significatives : Stabat Mater (1931, révisé en 1981), Mass (1935),

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Écrit par :

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

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Alain PÂRIS, « THOMSON VIRGIL - (1896-1989) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/virgil-thomson/