CHAMORRO VIOLETA (1929- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Femme politique nicaraguayenne, présidente de la République de 1990 à 1997.

Née le 18 octobre 1929 à Rivas (sud du Nicaragua) dans une famille aisée (son père est un grand éleveur de bétail), Violeta Chamorro, née Barrios, fait ses études au Texas et en Virginie (États-Unis). En 1950, peu de temps après le décès de son père, elle retourne au Nicaragua, où elle épouse Pedro Joaquim Chamorro, directeur du quotidien La Prensa. Le journal se montrant très critique envers le régime dictatorial du clan Somoza, les Chamorro doivent s'exiler en 1957. Ils vivront au Costa Rica jusqu'en 1960, année où ils reviennent au Nicaragua à la faveur d'une des périodes d'ouverture du gouvernement.

Pedro Chamorro, qui continue à mettre en cause les Somoza, est emprisonné à plusieurs reprises au cours des années 1960 et 1970, avant d'être assassiné le 10 janvier 1978. L'événement déclenche la révolution du Front sandiniste de libération nationale (F.S.L.N.), qui aboutit au renversement d'Anastasio Somoza en juillet 1979. Membre du gouvernement de reconstruction nationale en 1979 et en 1980, Violeta Chamorro s'inquiète de la dérive marxiste radicale des sandinistes. Elle devient à son tour une « ennemie de la révolution ». C'est alors qu'elle reprend la direction de La Prensa, qui sera fréquemment censurée dans les années 1980, et interdite de publication entre 1986 et 1987. Durant cette décennie, sous la présidence de Daniel Ortega, les sandinistes accusent Violeta Chamorro de recevoir de l'argent de la C.I.A., qui finance alors la lutte armée des rebelles Contras, opposés au gouvernement sandiniste.

Quand la paix est négociée, à la fin des années 1980, des élections générales sont organisées. Le 25 février 1990, Violeta Chamorro, porte-parole de l'Union nationale de l'opposition (U.N.O.), qui regroupe quatorze formations politiques, remporte une victoire surprise face aux sandinistes menés par Ortega. La Veuve courage, comme on l'appelle alors, devient ainsi la première femme d'Amérique centrale à occuper la fonction présidentielle.

Chamorro met un frein aux politiques sandinistes : plusieurs entreprises d'État sont privatisées, la censure est totalement supprimée, et le poids de l'armée est fortement réduit. Parallèlement, la présidente conserve quelques sandinistes dans son gouvernement, afin de réconcilier les diverses factions politiques du pays. Si cela lui vaut d'être critiquée par toutes les parties, on lui reconnaît toutefois le mérite d'avoir permis le maintien de la paix fragile. Conformément à la Constitution qui interdit de briguer un deuxième mandat consécutif, elle se retire de la vie politique en janvier 1997.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Classification

Autres références

«  CHAMORRO VIOLETA (1929- )  » est également traité dans :

NICARAGUA

  • Écrit par 
  • Marie-Chantal BARRE, 
  • David GARIBAY, 
  • Lucile MÉDINA-NICOLAS, 
  • Alain VIEILLARD-BARON
  •  • 8 798 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le régime sandiniste »  : […] La Junte va rapidement mettre à exécution son programme. Celui-ci ne se limite pas à la liquidation du régime de Somoza (fin de l'état de siège, dissolution de la Garde nationale), il entend également mettre en œuvre un pluralisme politique, une économie mixte et une politique étrangère non alignée. Si la composition de la Junte reflète le pluralisme de l'opposition au régime de Somoza, c'est néan […] Lire la suite

Pour citer l’article

« CHAMORRO VIOLETA (1929- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/violeta-chamorro/