AMBARTZOUMIAN VIKTOR AMAZASPOVITCH (1908-1996)

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Affirmer que la Terre et les êtres vivants sont « poussières d'étoiles », c’est faire référence aux théories sur la naissance et l'évolution des étoiles et sur leur interaction avec le milieu interstellaire dont elles sont issues et auquel elles restituent une partie de la matière qu'elles ont transformée. Ces théories ont un père : l’astrophysicien arménien Viktor Ambartzoumian, mort le 12 août 1996 à Byurakan (au nord d’Erevan), où il créa en 1946 un observatoire qui deviendra un haut lieu de la recherche astronomique mondiale.

Viktor Ambartzoumian naît le 18 septembre (5 septembre, ancien style) 1908 à Tiflis (Tbilissi), capitale de la Géorgie, dans une famille arménienne qui saura encourager le développement de ses dons scientifiques hors du commun. Il est admis dès 1925 à l'université de Leningrad. Il obtient en 1931 son doctorat en astrophysique à l'observatoire de Poulkovo, dépendant de cette université, et y devient professeur d'astrophysique théorique ; il y demeurera jusqu'en 1943. Au cours de cette première étape de sa fulgurante carrière, il publie des travaux sur la physique des nébuleuses gazeuses et sur les transferts de rayonnement. Les principes qu'il développe alors trouvent des applications en dehors de l'astrophysique. Ces contributions fondent sa notoriété internationale.

En 1943, Ambartzoumian rejoint son pays d'origine : nommé membre de l'Académie arménienne des sciences, il professe à l'université d'Arménie à Erevan. Il fonde l'observatoire de Byurakan, qui ouvre ses portes trois ans plus tard ; il en sera le premier directeur jusqu'à sa retraite, en 1988, à l'âge de quatre-vingts ans. L’observatoire est doté dans les années 1950 d'instruments très performants, dont le célèbre télescope de Schmidt de 1 mètre d’ouverture ; cet instrument est à l'origine de l'établissement, par B. E Markarian, d'un catalogue fondamental de galaxies actives et du second catalogue de Byurakan recensant 2 000 nouveaux objets galactiques très actifs (quasars, noyaux galactiques, autres galaxies de Markarian). Cet observatoire, dont les débuts sont marqués par de remarquables observations d'un très grand nombre d'étoiles à « sursauts », permet l'émergence d'une communauté d'astronomes arméniens particulièrement productive. Il accueille des chercheurs du monde entier, attirés par son prestige, par son télescope de 2,6 mètres, opérationnel à partir de 1976, et par les nombreux colloques organisés sous l'impulsion de son directeur.

Ambartzoumian connaît à partir de 1947 une période de créativité scientifique extrêmement féconde : il met en évidence l'existence d'un certain type d'associations stellaires dans notre Voie lactée à partir d’observations d’étoiles bleues, de grande masse donc de durée de vie relativement faible. Il démontre que ces groupements assez lâches, auxquels on donnera son nom et qui comprennent un nombre plus petit de membres que les amas galactiques d'étoiles, sont d'origine plus récente et qu'ils sont beaucoup plus instables. Cette découverte implique que les étoiles naissent généralement par paquets et que de nouvelles étoiles continuent à se former actuellement à l'intérieur de notre Galaxie ou d'autres galaxies semblables à la nôtre. Ambartzoumian fait intervenir dans les processus de genèse stellaire le concept d'instabilité à un moment où, en Occident, on préfère raisonner en termes de fragmentation ou de condensation de la matière gazeuse.

Bien que ses démonstrations n'aient pas toujours été aussi rigoureuses qu'on eût pu le souhaiter – c'est ainsi qu'il accordait une importance exagérée à l'influence de l'énergie interstellaire sur les atmosphères stellaires –, Ambartzoumian comprend le premier combien les « catastrophes » sont importantes dans les processus de naissance des étoiles. Certains chercheurs occidentaux, commentant ses travaux au début des années 1960, attribuèrent ces idées à l'idéologie marxiste, supposée conférer aux « ruptures » une importance dans les origines et l’histoire des choses et des êtres ! Des observations ultérieures lui donneront finalement raison.

Ambartzoumian ne fut pas seulement un précurseur visionnaire dans les domaines stellaire et interstellaire. En 1956, il fut le premier à proposer que les noyaux des galaxies tiennent le rôle essentiel dans la formation et l'évolution d [...]

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Écrit par :

  • : directeur de recherche émérite CNRS, Institut d'astrophysique de Paris

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STELLAIRES AMAS

  • Écrit par 
  • André BOISCHOT
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Pour citer l’article

Jean AUDOUZE, « AMBARTZOUMIAN VIKTOR AMAZASPOVITCH - (1908-1996) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/viktor-amazaspovitch-ambartzoumian/