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VIES IMAGINAIRES, Marcel Schwob Fiche de lecture

Héritage

Son refus systématique des grandes formes (ni poésie, ni roman, ni théâtre), son goût du mixte et de l'hybride (érudition, traduction...) ont limité la diffusion des livres de Marcel Schwob. Mais, lu de quelques-uns, il n'a jamais été oublié. De tous ses livres, les Vies imaginaires ont eu la fortune la plus brillante : le volume est accueilli en 1896 comme un accomplissement. Sans doute tel éloge de Léon Blum, dans la Revue blanche, ne va-t-il pas sans ambiguïté lorsqu'il avance que l'auteur a « desséché, et conserve dans sa phrase aussi serrée que les bandelettes d'une momie comme des essences concentrées d'humanité ». Mais le livre devint rapidement une référence pour beaucoup d'écrivains : Alfred Jarry lui consacre un chapitre de ses Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien. Plus tard, un Borges ou un Alberto Savinio en ont été marqués profondément... Et l'on a pu montrer comment, après 1980, une série d'auteurs s'est référée, implicitement ou non, au modèle élaboré dans les Vies imaginaires : les Vies minuscules de Pierre Michon et Les Tablettes de buis d'Apronemia Avitia de Pascal Quignard, tous deux datant de 1984, Vidas de Christian Garcin (1993) ou L'Abominable Tisonnier de John Mc Taggart de Jacques Roubaud (1997) – qui annonce en sous-titre des « vies brèves », témoignent évidemment d'une réflexion sur le livre de Schwob. En 2003, avec Morts imaginaires, Michel Schneider y renvoie encore plus clairement, d'autant qu'il consacre des pages à la mort de Marcel Schwob.

— Patrick BESNIER

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )