VERMEER ou VAN DER MEER JAN (1628-1691)

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Né et mort à Haarlem, ville où il passa toute sa vie, Jan Vermeer le Vieux est membre d'une dynastie de peintres qui comprend essentiellement ses propres fils, Jan et Isaack, paysagistes comme lui, et le peintre de natures mortes Barent Vermeer. La personnalité du peintre a été clairement distinguée à l'issue de travaux récents : on l'a longtemps confondu avec Vermeer de Delft et avec son propre père qui, semble-t-il, ne fut pas peintre. Élève de Jacob de Wet, Vermeer le Vieux a peint des marines, des scènes de batailles, des pastorales — pour lesquelles A. van Ostade a quelquefois collaboré comme peintre de figures —, mais ses paysages les plus remarquables sont sans doute ses panoramas, notamment une Vue de Haarlem (musée de Cologne), non datés mais qu'on peut situer vers 1660, et qui marquent une inspiration directe de Philips Koninck et de Jacob van Ruisdael surtout, avec plus d'indépendance toutefois par rapport à leur modèle que chez un Jan van Kessel. Si le parti général, avec notamment un angle au premier plan placé dans l'ombre où se détachent quelques silhouettes servant de repoussoir, rappelle bien Ruisdael, l'esprit en est tout différent : l'absence de mise en scène et la relative pauvreté du coloris (limité au jaune, au brun et au bleu-vert) marqueraient plutôt un retour à la peinture réaliste des années vingt, aux vues de dunes de Pieter Molyn et de Van Goyen. De la même façon, les lisières de forêt peintes par Vermeer, avec leurs sentiers sinueux bordés d'arbres gigantesques, où passent des cavaliers et des promeneurs qui paraissent minuscules, font penser à celles de Ruisdael sans en avoir la force oppressante. Vers 1670, on observe un durcissement dans le style du peintre. Ses œuvres sûres s'échelonnent de 1626 à 1676, mais une Vue de Haarlem qui lui est attribuée (musée de Munich) laisse supposer un développement ultérieur, pré-rococo, à la manière de Hobbema (touche grasse et pointillée, tons suaves).

—  Françoise HEILBRUN

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NÉERLANDAISE ET FLAMANDE PEINTURE

  • Écrit par 
  • Lyckle DE VRIES
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Dans le chapitre « Le troisième quart du XVIIe siècle »  : […] Le troisième quart du siècle est l'époque où les spécialistes deviennent des « géants », tandis que les « artistes universels », tel Rubens, font défaut. Pour cette raison, on est obligé ici de donner plus de place à l'art hollandais qu'à l'art flamand. On a déjà montré quelle fut l'importance des peintres restés dans la tradition de Van Dyck et de Rubens dans le Sud. Elle y était maintenue plutôt […] Lire la suite

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Françoise HEILBRUN, « VERMEER ou VAN DER MEER JAN - (1628-1691) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/vermeer-van-der-meer/