ROSSI VALENTINO (1979- )

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Pilote moto italien né le 16 février 1979 à Tavullia, près de Pesaro. Valentino Rossi est non seulement le pilote moto le plus doué de sa génération, mais aussi une idole en Italie, à l'égal des vedettes du Calcio ou des pilotes de la Scuderia Ferrari. Son numéro 46 est aussi célèbre dans la péninsule qu'a pu l'être aux États-Unis le numéro 23 du basketteur Michael Jordan ; lors des grands prix disputés à Misano (circuit situé à 10 km de Tavullia), la tribune Brutapela se teinte de jaune, la couleur du casque de Rossi. Le fan-club du pilote, fondé en 1996, compte plus de cinq mille adhérents. En son honneur, le maire de Tavullia a pris un arrêté de police limitant la vitesse non à 50 km/h, mais à... 46 km/h, en référence au célèbre numéro 46 d'« il Dottore » (« le Docteur »)... Mais il faut préciser que la célébrité de Valentino Rossi a dynamisé le marché immobilier du village, qui a vu en une dizaine d'années sa population passer de mille cinq cents à trois mille habitants.

Valentino Rossi fait ses débuts dans le Championnat du monde de vitesse moto en 1996, en 125 cm3, au guidon d'une Aprilia RS125, et remporte cette année-là sa première victoire : le Grand Prix de la République tchèque, à Brno. L'année suivante, il est champion du monde en 125 cm3 (11 victoires). Toute sa carrière sera marquée par une constante : il lui faut relever en permanence de nouveaux défis. Aussi, dès 1998, il change de catégorie, et pilote, en 250 cm3, une Aprilia RS250. Cinq victoires cette année-là lui valent la deuxième place du Championnat du monde, de peu derrière son compatriote et coéquipier Loris Capirossi (204 points contre 201). L'année suivante, il est champion du monde.

Il est temps pour le jeune prodige d'aborder la catégorie reine, les 500 cm3. En 2000, ce débutant tient tête, au guidon d'une Honda NSR500, à l'Américain Kenny Roberts, Jr., et se classe deuxième du Championnat du monde. En 2001, il domine outrageusement ses concurrents : onze victoires, plus de 100 points d'avance au classement final sur son dauphin, son compatriote Max Biaggi. Nouveau défi pour celui que tous surnomment désormais « il Dottore », un signe de respect en Italie : la catégorie 500 cm3 disparaît pour céder la place à une nouvelle catégorie, la MotoGP – les engins seront équipés d'un moteur de 800 cm3, puis de 1 000 cm3. Au guidon de sa Honda RC211V, Rossi remporte vingt grands prix et glane deux nouveaux titres de champion du monde en 2002 et en 2003. La routine le guetterait-elle ? Il lui faut donc relever un nouveau challenge : Rossi quitte Honda, qui domine pourtant la compétition (les trois premiers du Championnat 2003 pilotaient une Honda), et signe avec Yamaha, alors au plus mal (le meilleur des pilotes Yamaha, l'Espagnol Carlos Checa, n'a pris que la septième place du Championnat). Une nouvelle fois, « il Dottore » démontre tout son talent : en 2004, cinq motards pilotant une Honda se classent parmi les six premiers du Championnat, mais... de la deuxième à la sixième place car, malgré une moto rétive, Rossi se voit de nouveau sacré champion du monde. Il faut dire que, à son talent de pilote, Rossi allie un incomparable savoir-faire en ce qui concerne la mise au point des motos et d'indéniables qualités humaines : chose rare, la quasi-totalité de l'équipe technique qui l'épaulait chez Honda l'a suivi en toute confiance chez Yamaha. En 2005, il domine encore plus nettement ses rivaux : onze victoires en dix-sept courses lui valent bien sûr un nouveau titre. L'année suivante, Valentino Rossi connaît son premier revers : une erreur de pilotage dans le dernier grand prix de l'année, et il laisse le titre s'envoler, devancé de peu par l'Américain Nicky Hayden (252 points contre 247). L'année 2007 est encore plus difficile : les performances de la Ducati de l'Australien Casey Stoner sont bien meilleures que celles de sa Yamaha, et il ne peut pas lutter pour le titre.

L'année 2008 est celle de la revanche et des records : le 14 septembre, sur le circuit d'Indianapolis, il signe sa soixante-neuvième victoire dans la catégorie reine de la moto, soit une unité de plus que Giacomo Agostini, l'idole des années 1960 et 1970. Et un nouveau titre mondial vient couronner cette année exceptionnelle (16 podiums en 18 courses). En 2009, Rossi est de nouveau champion du monde de MotoGP. Toujours sur Yamaha, il parvient à dompter son coéquipier et rival, l’Espagnol Jorge Lorenzo. [...]

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « ROSSI VALENTINO (1979- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/valentino-rossi/