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RANCE USINE MARÉMOTRICE DE LA

Située en Bretagne, entre Saint-Malo et Dinard (Ille-et-Vilaine), l’usine marémotrice de la Rance produit de l’électricité en utilisant la force des marées. Inaugurée le 26 novembre 1966 par le général de Gaulle, cette installation, longtemps la plus puissante au monde, est dépassée seulement depuis 2011 par des équipements coréens qui attestent le renouveau de l’intérêt pour cette technologie.

Une histoire d’avenir ?

Dans le prolongement de sa politique de l’après-guerre en faveur de l’hydraulique, E.D.F. prévoit dès 1946, décide en 1959, puis construit entre janvier 1961 et 1966 l’usine marémotrice de la Rance. L’entreprise s’est inspirée du fonctionnement des moulins à marée installés au Moyen Âge sur les rives de la Rance pour produire de la farine, des projets de l’ingénieur Bernard Forest de Bélidor (1737) et d’études menées à La Rochelle (1919) puis dans le bassin d’Arcachon (1921). Robert Gibrat, ancien ministre devenu ingénieur-conseil auprès d’E.D.F., ainsi que Pierre Ailleret et Pierre Massé, deux des premiers directeurs d’E.D.F., ont porté le dossier avec enthousiasme. Dans une logique d’aménagement du territoire, le « lobby breton » a réclamé cet ouvrage avec force, et le deuxième plan (1954-1957) qui, dans cet esprit, a retenu l’idée d’une route sur le barrage pour relier Saint-Malo à Dinard, l’a imposé.

Achevée en 1966, cette centrale électrique, implantée à quatre kilomètres de l’embouchure de la Rance, est alors considérée comme une œuvre de prestige et d’affirmation de la technologie française qui participe à la modernisation et à l’indépendance énergétique de la France.

Première centrale de ce type entrée en service, l’usine bretonne reste aujourd’hui la plus puissante en Europe avec ses 240 mégawatts (MW). Peu d’autres aménagements ont été édifiés depuis sa construction et le potentiel de l’énergie marémotrice demeure globalement peu exploité. Toutefois, dans un contexte de recherche d’une diversification des sources énergétiques et d’intérêt pour les énergies renouvelables, la « houille bleue », formule utilisée par Gibrat pour désigner l’énergie des marées et des vagues, suscite un regain d’intérêt qui se manifeste par de nombreux projets et quelques réalisations comme l’atteste la centrale sud-coréenne de Sihwa (254 MW, mise en service en 2011), désormais la plus puissante du monde.

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Écrit par

  • : professeur des Universités, président de l'université Savoie-Mont-Blanc

Classification

Pour citer cet article

Denis VARASCHIN. RANCE USINE MARÉMOTRICE DE LA [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Média

Vue aérienne du barrage de la Rance - crédits : EDF_Le gal Yannick

Vue aérienne du barrage de la Rance

Autres références

  • ÉNERGIES RENOUVELABLES

    • Écrit par Daniel CLÉMENT
    • 15 637 mots
    • 22 médias
    En France, l’usine marémotrice de la Rance, située entre Saint-Malo et Dinard (Ille-et-Vilaine), est un des premiers dispositifs industriels de production d’électricité à partir d’une énergie marine. Elle a été inaugurée en 1966 et sa puissance électrique est de 240 MW. Compte tenu de l’intermittence...

Voir aussi