URARTU

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Important royaume qui s'est formé autour de la région du lac de Van au ~ IIe millénaire. Il est probablement mentionné dans les inscriptions assyriennes depuis Salmanasar Ier (~ 1274-~ 1245). Les débuts de l'histoire de l'Urartu sont très mal connus et l'on ne sait rien de ses destinées au ~ IIe millénaire. Ces commencements obscurs ne font paraître que plus saisissante la fortune de l'Urartu au cours du millénaire suivant. La grande période du royaume se situe entre ~ 900 et ~ 600. Durant la majeure partie du ~ viiie siècle, l'Urartu sera même la première puissance du Proche-Orient. Son influence sera sensible du Kurdistan à la Mélitène et à la Syrie du Nord.

L'Urartu s'est développé dans une région anciennement hourrite et sa civilisation est restée profondément marquée par la culture de ce peuple. On a considéré la langue urartéenne comme un dialecte récent du hourrite. L'influence religieuse des Hourrites est reconnaissable au fait que leur dieu de l'orage, Teshub, était vénéré en Urartu sous le nom de Tesheba au ~ viiie siècle. Mais l'Urartu subit aussi, naturellement, l'influence d'Akkad dont les textes littéraires font l'objet d'une imitation servile. Les Urartéens abandonnent la graphie qu'ils semblent avoir possédée en propre, au profit de l'écriture cunéiforme. Les premières inscriptions urartéennes utilisent même la langue assyrienne ; puis la langue nationale apparaît. On a retrouvé aussi une inscription bilingue en assyrien et en langue d'Urartu. Outre de nombreuses inscriptions rupestres, divers vestiges architecturaux, divers objets de pierre et de métal subsistent comme témoins de la civilisation de l'Urartu.

L'histoire de l'Urartu, telle qu'elle apparaît dans les textes épigraphiques, nous montre que la « mésopotamisation » incontestable de la culture urartéenne n'a pas été le résultat d'un contact pacifique avec l'Assyrie. Au contraire, les rois d'Assyrie, d'Aššur-bel-kala (~ 1074-~ 1057) à Sargon II (~ 714), combattirent directement l'Urartu ou luttèrent contre son influence. Les inscriptions urartéennes nous ont conservé, avec le nom des rois, d'intéressants détails sur la politique d'expansion et de pillage du royaume de l'Urartu.

Les plus anciennes inscriptions datent de Sardur, fils de Lutipri et contemporain du roi d'Assyrie Salmanasar II (~ 858-~ 823). Elles nous montrent que le roi d'Urartu avait adopté la titulature de ses rivaux assyriens, à laquelle il ajoutait le titre de roi de Naïri. Le Naïri fut vraisemblablement le berceau de la puissance urartéenne.

Une douzaine d'inscriptions datent du fils de Sardur, Ishpuini (~ 824-~ 806), qui, à la tête de puissantes armées, mène une politique de conquêtes que son fils Menua (~ 804-~ 790) poursuit et accentue encore. L'impérialisme de l'Urartu atteint son paroxysme sous le règne du fils de Menua, Argishti Ier (~ 789-~ 766), qui fait campagne sur campagne contre tous les voisins du royaume avec une extraordinaire brutalité. Les opérations militaires s'accompagnent d'incendies, de pillages, de déportations. L'Assyrie, gravement menacée, parvient à porter un coup d'arrêt aux entreprises de l'Urartu sous Salmanasar IV (~ 782-~ 773), mais sans réussir à briser la puissance urartéenne. L'Urartu demeure un État prospère : pays agricole, il pratique surtout l'élevage, et particulièrement l'élevage de chevaux de guerre réputés. Son sol est riche d'importants minerais.

Sardur II (~ 765-~ 733), fils d'Argishti, reprend la politique de ses prédécesseurs et étend les frontières du royaume jusqu'à Alep. L'Assyrie est menacée de perdre l'accès à la Méditerranée. Mais, en ~ 743-~ 739, Tiglat-Pileser III écrase Sardur II sur le haut Euphrate. L'Urartu connaîtra une défaite plus grave lorsque le roi d'Assyrie Sargon II, en ~ 714, s'empare de Tushpa, la capitale urartéenne. Affaibli par sa lutte contre l'Assyrie, l'Urartu est incapable de résister aux invasions des Cimmériens et des Scythes qui le submergent à la fin du ~ viiie siècle. Il disparaît définitivement dès le début du ~ vie siècle, et la région du lac de Van accueille une population arménienne.

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Valentin NIKIPROWETZKY, « URARTU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/urartu/