TEMPÊTES EN FRANCE (1999 et 2009)

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Des tempêtes de grande ampleur ont touché la France depuis la fin des années 1990. La tempête du 26 décembre et celle de la nuit du 27 au 28 décembre 1999, nommées respectivement Lothar et Martin, ont causé des dégâts sans précédent, tout en affectant sévèrement les forêts suisses, allemandes (Bade-Wurtemberg) et danoises, marquant durablement les paysages et les mémoires ; la tempête du 23 au 25 janvier 2009, appelée Klaus, a quant à elle touché le sud-ouest de la France, le nord de l'Espagne et une partie de l'Italie.

Tempêtes Lothar et Martin, décembre 1999

Photographie : Tempêtes Lothar et Martin, décembre 1999

Les tempêtes qui ont balayé l'ouest de l'Europe les 26, 27 et 28 décembre 1999 sont à classer parmi les épisodes très violents dus à des dépressions extratropicales. Les rafales ont dépassé localement 160 km/h et les dégâts ont été très importants. Ici, une forêt vosgienne... 

Crédits : Yves Forestier/ Sygma/ Getty Images

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Durant les événements de 1999, qui ont fait 91 morts en Europe, les rafales de vent ont atteint de 140 à 150 km/h à Bordeaux, Limoges, Rouen, Chartres, Troyes et Strasbourg ; de 150 à 160 km/h à La Rochelle, Clermont-Ferrand, Nancy et Colmar ; de 160 à 170 km/h à Alençon, Paris et Biscarrosse ; et même 198 km/h à Oléron. Avec des vitesses de vent moyennes correspondant à une durée de retour du phénomène supérieure au siècle, ces tempêtes ont affecté une part importante des forêts françaises, dont les sols étaient alors saturés en eau, et donc plus vulnérables. Au total, le volume des chablis a largement dépassé la centaine de millions de mètres cubes, répartis sur 6 p. 100 environ de la surface boisée. La fragilisation des peuplements a conduit à récolter, au cours des années suivantes, des quantités supplémentaires de bois, en raison de nouveaux coups de vent ou d'attaques d'insectes ravageurs opportunistes.

Compte tenu des capacités d'absorption du marché, en quantité et en qualité, les volumes à terre n'ont pu être tous récoltés avant une trop grande dégradation des bois. Dans certaines régions, les chablis représentaient en effet de huit à douze ans de récolte pour certaines essences. On a estimé qu'il est resté sur place au moins un tiers des chablis, parfois beaucoup plus dans certains secteurs ou pour quelques types de bois.

Sur environ 400 000 hectares, correspondant à des trouées d'une taille allant de quelques hectares à plusieurs centaines d'hectares d'un seul tenant, les peuplements ont été si endommagés qu'il a fallu recommencer un nouveau cycle forestier. Les plus petites trouées, elles, n'ont guère affecté la conduite des peuplements et ont permis d'y introduire une diversité biologique supplémentaire très appréciable, même si les éclaircies créées par le vent sont souvent bien différentes de ce qu'aurait réalisé un sylviculteur.

Si les résineux ont été proportionnellement beaucoup plus affectés, en raison notamment de la persistance de leur feuillage en hiver – qui offre une plus grande prise au vent –, les feuillus ont aussi été significativement touchés, et tout particulièrement le hêtre. Au-delà d'une vitesse de vent supérieure à 120 kilomètres par heure, tous les types de peuplements connaissent d'importants dégâts, mais il est possible d'identifier et d'analyser localement des facteurs de risque ou des circonstances aggravantes : enracinement insuffisant, situation topographique inadéquate, présence de lisières offrant trop de résistance au vent, âge des arbres, accroissement des hauteurs dominantes, augmentation générale de la productivité des forêts en Europe, sylviculture insuffisamment dynamique... Les données aujourd'hui disponibles n'ont pas été objectivement suffisantes pour comparer les futaies irrégulières aux futaies régulières et conclure à la supériorité de tel ou tel mode de traitement.

Depuis les événements de 1999, Météo-France a renforcé son système d'alerte et d'appel à la prudence, en mettant en place un système de cartes de vigilance qui est relayé par les médias.

Après avoir balayé le Portugal et l'Espagne, la tempête Klaus de 2009 a frappé la côte aquitaine dans la nuit du 23 au 24 janvier et s'est poursuivie en journée, touchant tout le sud-ouest de la France. Des pluies diluviennes se sont abattues sur cette région, accompagnées de fortes rafales de vent qui atteignent des pointes de 159 km/h relevées à Narbonne et 184 km/h à Perpignan. Cette tempête a fait une douzaine de victimes en France et privé d'électricité plus de 1,7 million de foyers. Les forêts ont été particulièrement touchées en Aquitaine et, dans une moindre mesure, en Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Les premières estimations ont fait état d'une quarantaine de millions de mètres cubes de bois cassé ou renversé sur une surface totale endom [...]

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Écrit par :

  • : sous-directeur des espaces naturels à la Direction de la nature et des paysages du ministère de l'Écologie, du développement durable et de l'aménagement du territoire

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Pour citer l’article

Christian BARTHOD, « TEMPÊTES EN FRANCE (1999 et 2009) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tempetes-en-france/