TANG YIN [T'ANG YIN] (1470-1523) ET QIU YING [K'IEOU YING] (1510 env.-1551)

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Une œuvre aux multiples facettes

Artiste de génie, Tang Yin représente à la fois l'école de Wu (ses œuvres spontanées) et la tradition académique de Li Tang à travers Zhou Chen (env. 1450-env. 1535). Lettré et poète, il dut aussi œuvrer en tant que peintre professionnel, produisant des compositions décoratives pour les bourgeois de Suzhou. Ce sont ses études en couleurs de jolies femmes dans le style Tang et ses peintures érotiques qui valurent à Tang Yin, comme à Qiu Ying, une grande popularité. Les deux artistes ont su rendre au genre un sens de la mesure dans la technique et dans le goût. Des copies et de nombreuses gravures seront exécutées à partir de leurs œuvres et influenceront l'art de l'Ukiyo-e au Japon.

Étant donné sa courte vie et le grand nombre de peintures qui nous sont parvenues, il faut supposer que Tang Yin travaillait avec une extraordinaire facilité. Artiste isolé, il ne créa ni école ni principes nouveaux ; mais ses meilleures œuvres comptent parmi les plus attachantes de l'époque Ming. Ses plus anciennes œuvres datées sont de 1506 : ce sont des paysages, incluant parfois des personnages, inspirés de Li Tang, avec des rochers aigus et des rides faites au pinceau appuyé. Cette manière de jeunesse apparaît vite trop schématique et restrictive à Tang Yin, qui va donner très tôt une transposition plus libre de la manière de Li Tang.

Tang Yin utilise souvent une technique impressionniste du pinceau pour rendre la résonance de la vie (qiyun), dans ses paysages comme dans ses études de fleurs et d'oiseaux. Ces peintures perpétuent des impressions fugitives recueillies dans les jardins de Suzhou et sont accompagnées parfois de courts poèmes. Parmi ces souvenirs spontanés de moments heureux se place la peinture de l'Académie de Honolulu, qui doit dater de la fin de la vie de Tang Yin : une mince branche d'arbre fruitier en fleurs s'incurve au-dessus de la hutte où un homme est assis en méditation ; à côté de lui, sur la natte, brûle de l'encens. Peut-être s'agit-il d'un autoportrait. La peinture est faite au pinceau émoussé. Le toit de chaume, les colonne [...]

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Michèle PIRAZZOLI-t'SERSTEVENS, « TANG YIN [T'ANG YIN] (1470-1523) ET QIU YING [K'IEOU YING] (1510 env.-1551) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tang-qiu/