TAGALOG

Appelée aussi Tagal, cette unité ethnique constitue le premier groupe linguistique et culturel (14,4 millions d'individus en 1995) de la république des Philippines, avant les Cebuano. Le tagalog, langue austronésienne (malayo-polynésienne) également appelée filipino, est langue officielle au même titre que l'anglais. Il est parlé par 55 p. 100 de la population philippine mais n'est la langue maternelle que de 27,9 p. 100 des habitants.

Les Tagalog forment la majorité de la population de la ville de Manille, des provinces contiguës à la baie de Manille (à l'exception de Pampanga), de Nueva Ecija au nord, ainsi que de Batangas, de Laguna, de Marinduque, de Mindoro et de Quezón au sud.

La plupart des Tagalog sont des agriculteurs. Ils cultivent le riz surtout dans les rizières inondées, mais ils pratiquent aussi la riziculture « sèche » en altitude. Les principales cultures commercialisables des provinces tagalog sont la canne à sucre et la noix de coco.

Les Tagalog qui résident à Manille occupent, du fait même de l'importance de cette ville, des postes de direction dans les activités commerciales, bancaires, industrielles, dans les professions libérales, dans le clergé et dans l'administration.

Pendant plus de cinq cents ans, les Tagalog ont fait office de médiateurs avec les Chinois, les Espagnols et les Américains, adaptant à la société indo-malaise les emprunts qu'ils faisaient aux cultures étrangères ; ils ont donc contribué au processus de modernisation dont les effets se sont diversement exprimés à travers l'archipel tout entier.

Mais ils ont fortement résisté à l'emprise étrangère telle qu'elle s'est manifestée dans les domaines économique et politique. Ils sont à l'origine du mouvement de propagande antiespagnol au xixe siècle, et leurs généraux ont mené une lutte armée contre l'Espagne et les États-Unis de 1896 à 1902. Les principaux héros nationaux de cette période sont des Tagalog ; par la suite, ils ont compté parmi les artisans de l'accession à l'indépendance des Philippines par la voie constitutionnelle.

Plus de 80 p. 100 des habitants des provinces tagalog sont de religion catholique.

—  Yvan BARBÉ

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Dans le chapitre « Sous la coupe de l'Espagne »  : […] à la fois d'éléments indigènes et étrangers pour créer des poèmes, aussi bien en tagalog qu'en iloko, cebuano, hiligaynon, bikol, pampango et autres langues vernaculaires, mais non en espagnol qui n'était guère enseigné. La poésie originelle, tagalog en particulier, continuait à s'inspirer de l'expérience de forces élémentaires ; la poésie plus […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/philippines/#i_22785

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Yvan BARBÉ, « TAGALOG », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tagalog/