OLYMPIO SYLVANUS (1902-1963)

Né à Lomé dans une famille originaire du Brésil, Sylvanus Olympio commence ses études à l'école allemande (le Togo était alors colonie allemande) puis les termine à Londres. Il est en 1926 représentant de la société Unilever au Nigeria avant d'être nommé au Togo où il devient président de la Chambre de commerce en 1948. Il adhère au Comité d'unité togolaise (C.U.T.), fondé en 1941 pour s'opposer aux revendications allemandes. Sous l'impulsion d'Olympio, le C.U.T. devient le support du mouvement nationaliste togolais et s'affirme partisan d'une réunification du peuple éwé, partagé entre la Gold Coast britannique (qui deviendra en 1957 le Ghāna) et l'ex-Togo français. En 1946, Olympio est élu conseiller à l'Assemblée territoriale dont il devient président. Cependant, les prises de position du C.U.T. face au parti plus modéré de Nicolas Grunitzky le font battre aux élections de 1951 et le plébiscite du 8 mai 1956, par lequel les Éwé britanniques optent pour le rattachement à la Gold Coast, apporte une dure contradiction au projet de réunification éwé.

Le Togo, devenu République autonome le 30 août 1956, organise sous contrôle de l'O.N.U. des élections en avril 1958. Devant le succès du C.U.T. qui remporte 29 sièges sur 46, Olympio est appelé par le haut-commissaire de la République à former le gouvernement. Devenu Premier ministre, il conduit le Togo vers l'indépendance totale en avril 1960.

Élu président de la République en 1961, il réorganise les finances de son pays par une gestion très stricte, imposant le remboursement des dettes togolaises au Trésor français. Sur le plan politique, il interdit tous les partis. L'opposition, privée de moyens d'expression, s'agite, supportant mal l'autoritarisme du régime. La répression est sévère : la Juvento où se regroupe la jeunesse de gauche du C.U.T. est dissoute et plusieurs dirigeants internés.

En politique extérieure, son attitude vis-à-vis du Ghāna l'oblige à refuser d'entrer dans la Communauté française puis plus tard à l'O.U.A. En revanche, il adhère au groupe de Monrovia. La question des Éwé toujours en suspens reste une source de mésentente entre le Ghana et le Togo : Olympio, fidèle à sa doctrine, continue à donner asile aux Éwé persécutés par N'Krumah, ce qui ne facilite pas la normalisation des rapports entre les deux pays. Isolé sur le plan intérieur comme sur le plan extérieur, Olympio est assassiné en janvier 1963 lors d'un coup d'État militaire.

—  Bernadette PICARAT

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la Coloniale au Dahomey voisin (l'actuel Bénin) et sert durant une dizaine d'années en Indochine, en Algérie et au Niger avant de rentrer au Togo en 1962, avec le grade de sergent-chef. Avec des compagnons démobilisés, il participe, le 13 janvier 1963, à l'assassinat de Sylvanus Olympio, premier président du Togo, indépendant depuis avril 1960 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gnassingbe-eyadema/#i_19859

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Dans le chapitre « Naissance de l'État togolais »  : […] de l'unité togolaise (C.U.T., qui deviendra le Mouvement populaire togolais) dirigé par Sylvanus Olympio est partisan d'un État réunifié et autonome immédiatement. Le Parti togolais du progrès de Nicolas Grunitzky prône l'abolition de la tutelle et une association plus étroite avec la France. Des associations régionales voient le jour, comme l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/togo/#i_19859

Pour citer l’article

Bernadette PICARAT, « OLYMPIO SYLVANUS - (1902-1963) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 octobre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sylvanus-olympio/