ANTHONY SUSAN B. (1820-1906)

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Pionnière du mouvement suffragiste aux États-Unis, Susan Anthony ouvrit la voie à l'adoption, en 1920, du dix-neuvième amendement à la Constitution américaine, octroyant le droit de vote aux femmes.

Née le 15 février 1820 à Adams (Massachusetts), Susan Brownell Anthony est une enfant précoce élevée dans la tradition quaker. En 1839, la jeune Susan accepte un poste au séminaire quaker de New Rochelle, dans l'État de New York. Après avoir enseigné dans un établissement féminin dans le nord de l'État de 1846 à 1849, elle retourne s'installer auprès de sa famille, désormais établie près de Rochester. Elle rencontre alors de nombreux abolitionnistes influents, tels que Frederick Douglass, Parker Pillsbury, Wendell Phillips, William Henry Channing et William Lloyd Garrison. Bientôt charmée par le mouvement anti-alcoolique, elle se laisse également séduire par les suffragettes américaines après avoir rencontré Amelia Bloomer et Elizabeth Cady Stanton.

La rebuffade qu'essuie Susan Anthony lorsqu'elle tente de prendre la parole lors d'une réunion de tempérance à Albany, en 1852, l'incite à fonder la Woman's New York State Temperance Society et à poursuivre son combat pour la défense des droits des femmes. Elle passe rapidement pour l'une des avocates les plus zélées de la cause et une militante infatigable, dont la personnalité tranche fortement avec celle de son amie Elizabeth Stanton. Elle devient également l'une des cibles privilégiées de la critique de l'opinion publique et de la presse. Tandis qu'elle fait campagne pour la libéralisation de la législation de son État sur les droits de propriété des femmes mariées – objectif atteint en 1860 –, Susan Anthony devient en 1856 responsable, pour ce même État, de l'American Anti-Slavery Society créée par Garrison. Au début de la guerre de Sécession, elle contribue à organiser la Women's National Loyal League, partisane de l'émancipation des esclaves. Après le conflit, elle se bat, en vain, pour faire modifier le quatorzième amendement en vue d'obtenir le vote des femmes et des Noirs. Nommée secrétaire correspondante de la toute nouvelle American Equal Rights Association en 1866, elle ne parviendra pas à obtenir l'affranchissement des esclaves au Kansas, malgré la tournée harassante qu'elle y effectuera en 1867.

En 1868, Susan Anthony accepte de diriger la publication, et Elizabeth Stanton l'édition, d'une nouvelle revue, The Revolution, financée à l'origine par l'excentrique George Francis Train. La même année, elle représente la Working Women's Association of New York, fondée depuis peu, lors de la convention du syndicat national. Elle organise une convention sur le vote des femmes à Washington, en janvier 1869, et fonde, en mai, avec Elizabeth Stanton, la National Woman Suffrage Association (N.W.S.A.). Une partie des membres de l'organisation font scission avant la fin de l'année pour rejoindre les partisanes, plus conservatrices, de Lucy Stone et de l'American Woman Suffrage Association. La N.W.S.A. n'en demeure pas moins un groupe puissant, qui garde Susan Anthony comme chef de file et porte-parole.

En 1870, la militante quitte ses fonctions à The Revolution et se lance dans une série de tournées de conférences pour rembourser les dettes contractées par la revue. Afin de tester la légalité des dispositions du quatorzième amendement relatives au suffrage, elle vote lors de l'élection présidentielle de 1872 à Rochester (New York). Arrêtée puis jugée, elle est condamnée à verser une amende – le verdict du juge avait été rédigé avant même le début du procès – ; malgré son refus de s'acquitter de cette peine, l'affaire sera abandonnée. Susan Anthony voyage sans cesse, souvent en compagnie d'Elizabeth Stanton, afin de soutenir les efforts déployés dans divers États pour obtenir le droit de vote des femmes : elle se rend ainsi notamment en Californie en 1871, dans le Michigan en 1874 et dans le Colorado en 1877. En 1890, après de longs débats, les associations suffragistes rivales se réunissent au sein de la National American Woman Suffrage Association. Susan Anthony en assure la présidence après la démission d'Elizabeth Stanton en 1892.

Dans les années 1890, Susan Anthony n'essuie pratiquement plus les critiques ni les sarcasmes que lui avaient valus ses efforts des premières heures et accède au rang d'héroïne nationale. Ses visites à l'Exposition universelle de Chicago en 1893, puis à l'exposition organisée à Portland (Oregon) en 1905 pour le centenaire de l'expédition des explorateurs Lewis et Clark sont accueillies chaleureusement. Susan Anthony est également la bienvenue lors des séjours qu'elle effectue à Londres en 1899 et à Berlin en 1904 en tant que responsable de la délégation américaine pour le Conseil international des femmes, qu'elle a contribué à mettre sur pied en 1888. En 1900, à l'âge de quatre-vingts ans, elle quitte la présidence de la National American Woman Suffrage Association au profit de sa principale assistante, Carrie Chapman Catt. Elle s'éteint six ans plus tard, le 13 mars 1906, à Rochester.

Parmi les principaux ouvrages de Susan Anthony, citons les quatre premiers volumes de l'anthologie History of Woman Suffrage (1881-1922, six vol.), rédigés en collaboration avec Elizabeth Stanton et Matilda J. Gage. Lors de la frappe d'une nouvelle pièce de 1 dollar en 1979, elle devient la première femme à figurer sur une pièce de monnaie américaine.

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CADY STANTON ELISABETH (1815-1902)

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Chef de file du mouvement américain pour les droits des femmes, Elizabeth Cady Stanton formula en 1848 la première demande organisée en faveur du suffrage féminin aux États-Unis. Née le 12 novembre 1815 à Johnstown, dans l'État de New York, Elizabeth Cady reçoit un enseignement supérieur à domicile, puis fréquente la Johnstown Academy et le sémina […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/elisabeth-cady-stanton/#i_51911

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« ANTHONY SUSAN B. - (1820-1906) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/susan-b-anthony/