CADY STANTON ELISABETH (1815-1902)

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Chef de file du mouvement américain pour les droits des femmes, Elizabeth Cady Stanton formula en 1848 la première demande organisée en faveur du suffrage féminin aux États-Unis.

Née le 12 novembre 1815 à Johnstown, dans l'État de New York, Elizabeth Cady reçoit un enseignement supérieur à domicile, puis fréquente la Johnstown Academy et le séminaire de Troy fondé par Emma Willard, dont elle sort diplômée en 1832. Alors qu'elle étudie le droit dans le bureau de son père, Daniel Cady, membre du Congrès et futur juge de la Cour suprême de l'État de New York, la jeune Elizabeth apprend l'existence des lois discriminatoires qui régissent la vie des femmes ; elle décide alors de se battre pour obtenir des droits égaux pour le sexe féminin. En 1840, elle épouse (après avoir insisté pour que le mot « obéir » soit supprimé de la cérémonie de mariage) Henry Brewster Stanton, avocat partisan de l'abolitionnisme. Quelques mois plus tard, elle se rend à Londres pour assister à la Convention anti-esclavagiste mondiale. Scandalisée par le refus des organisateurs de reconnaître officiellement plusieurs déléguées, en particulier Lucretia C. Mott, en raison de leur sexe, elle devient un porte-parole régulier de la cause des droits des femmes. Elizabeth Cady Stanton fait ainsi circuler des pétitions qui inciteront le Congrès de l'État de New York à adopter, en 1848, une loi octroyant des droits de propriété aux femmes mariées.

La même année, elle demande, avec Lucretia Mott, l'organisation d'une convention pour les droits des femmes dans sa ville, Seneca Falls (New York), les 19 et 20 juillet, ainsi qu'à Rochester (New York) les jours suivants. Lors de la réunion, Elizabeth Stanton lit sa Déclaration des sentiments, rédigée sur le modèle de la Déclaration d'indépendance. Ce texte, qui détaille le statut inférieur réservé aux femmes et réclame des réformes de grande ampleur, sera le point de départ réel du mouvement américain pour les droits des femmes. Elle présente également une résolution demandant le vote des femmes, proposition qui sera adoptée après de longs débats. À partir de 1851, elle travaille en étroite collaboration avec Susan B. Anthony. Toutes deux s'impliqueront activement pendant cinquante ans après la première convention, préparant des campagnes, prenant la parole devant des assemblées législatives et s'adressant aux foules lors de conventions, dans des maisons de la culture ou dans les rues. Elizabeth Stanton, meilleure oratrice et auteur des deux, trouve en Susan Anthony, organisatrice et tacticienne née, une alliée parfaite. Elle écrit ainsi ses propres discours et ceux de sa consœur, mais aussi d'innombrables lettres et pamphlets, auxquels viennent s'ajouter des articles et des essais pour de multiples périodiques, tels que The Lily d'Amelia Bloomer, The Una de Paulina Wright Davis, ou encore New York Tribune de Horace Greeley.

En 1854, Elizabeth Stanton reçoit une invitation exceptionnelle à venir s'adresser à l'assemblée législative de l'État de New York. Son discours donnera lieu à l'adoption, en 1860, d'une nouvelle législation donnant aux femmes mariées le droit de conserver leur salaire et d'être responsable de leurs enfants à part égale avec leurs époux. Pendant sa présidence (1852-1853) de l'éphémère Woman's State Temperance Society, qu'elle avait fondée avec Susan Anthony, elle scandalise nombre de ses partisans les plus fervents en suggérant que l'alcoolisme puisse être un motif suffisant pour divorcer. Elle n'en continuera pas moins à se battre farouchement pour assouplir la législation en matière de divorce.

Durant la guerre de Sécession, Elizabeth Stanton œuvre à nouveau pour la cause de l'abolitionnisme. En 1863, elle crée, avec Susan Anthony, la Women's National Loyal League, organisation qui rassemblera plus de 300 000 signatures demandant l'émancipation immédiate des esclaves. Le mouvement visant à étendre le droit de vote aux hommes noirs américains après la guerre ne fera cependant qu'accroître son amertume et son indignation : accentuant la privation de ce droit que subissent les femmes, il l'incitera à redoubler d'efforts, avec ses camarades, pour obtenir le suffrage féminin.

Elizabeth Stanton et Susan Anthony réalisent plusieurs tournées épuisantes en faveur de cette cause, multipliant discours et réunions. À partir de 1868, Elizabeth Stanton coordonne, avec P [...]

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ANTHONY SUSAN B. (1820-1906)

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Pionnière du mouvement suffragiste aux États-Unis, Susan Anthony ouvrit la voie à l'adoption, en 1920, du dix-neuvième amendement à la Constitution américaine, octroyant le droit de vote aux femmes. Née le 15 février 1820 à Adams (Massachusetts), Susan Brownell Anthony est une enfant précoce élevée dans la tradition quaker. En 1839, la jeune Susan accepte un poste au séminaire quaker de New Roche […] Lire la suite

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« CADY STANTON ELISABETH - (1815-1902) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/elisabeth-cady-stanton/