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SOLER père ANTONIO (1729-1783)

Organiste et compositeur catalan (né à Olot, province de Gérone), le père Antonio Soler est le musicien le plus remarquable de l'Espagne du xviiie siècle, dans la mouvance de Domenico Scarlatti. Formé à l'Escolania de Montserrat, où il entra à l'âge de six ans, il apprit le solfège, l'orgue et la composition. Il fut maître de chapelle à la cathédrale de Lérida, mais renonça à ces fonctions pour prendre l'habit des Hiéronymites au monastère royal de l'Escurial (1752), où il fit profession religieuse l'année suivante. Il fut organiste et maître de chapelle du couvent jusqu'à sa mort. Il y reçut les leçons de D. Scarlatti et de José de Nebra (organiste madrilène mort en 1768). Une grande partie de sa musique a disparu lors de l'occupation de l'Escurial par les troupes napoléoniennes (1808).

La renommée du padre Soler fut fort grande de son vivant. Il écrivit environ cent vingt sonates pour clavier, dont XXVII Sonatas para clave, des pièces d'orgue (intentos, versos, pasos), six concertos pour deux orgues ou clavecins obligés, six quintettes pour cordes et orgue (ou clavecin) obligé. Sa production de musique religieuse est considérable et compte environ trois cents compositions : messes, répons, litanies, motets, psaumes, hymnes, antiennes, Magnificat, lamentations, séquences, Benedicamus Domino, invitatoires, leçons, cantates de Noël, villancicos à saint Laurent et à saint Jérôme, etc., le plus souvent à huit voix (et jusqu'à douze), œuvres accompagnées d'un ou de deux orgues et ordinairement avec instruments. En musique profane, Soler écrivit quelques comedias, autos (mystères), loas (prologues de pièces dramatiques) et bailes (danses). L'écriture pour le clavier est toujours pétillante, primesautière, légère, rythmiquement alerte et pleine d'esprit. « On trouve dans ces ravissantes sonates des locutions qui ont un caractère ibérique, mais dont on est tenté d'attribuer le parrainage à Scarlatti. À y regarder de plus près, il n'y a souvent qu'une rencontre d'autant plus naturelle qu'ils puisaient tous deux à un même fonds commun. À cet égard, Soler n'emprunte rien à son maître et c'est celui-ci qui s'enrichit de ses emprunts au folklore et au style espagnols » (R. Bernard). Soler fit aussi œuvre de théoricien : Llave de la modulación y antigüedades de la música, Madrid, 1762 ; Satisfaccíón a los « reparos » precisos hechos por Don Antonio Roel del Río a la « Llave de la modulación », Madrid, 1765.

— Pierre-Paul LACAS

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Écrit par

  • : psychanalyste, membre de la Société de psychanalyse freudienne, musicologue, président de l'Association française de défense de l'orgue ancien

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • CLAVECIN

    • Écrit par Josiane BRAN-RICCI, Robert VEYRON-LACROIX
    • 4 766 mots
    • 4 médias
    ...et c'est seulement beaucoup plus tard, sous l'influence de Scarlatti, que se forma toute une école de clavecinistes, avec, à sa tête, le padre Antonio Soler (1729-1783). Nous lui devons une soixantaine de pétillantes sonates. Après lui, citons Freixanet, Casanovas, Angles, Rodriguez, Mateo Albeniz, Cantallos,...
  • ESPAGNE (Arts et culture) - La musique

    • Écrit par Luis CAMPODÓNICO, Pierre-Paul LACAS
    • 5 573 mots
    • 4 médias
    Exception dans ce désert, un prêtre joyeux et solitaire, Antonio Soler (1729-1783), maître de chapelle de l'Escurial, a laissé des sonates pour clavecin, des quintettes, des messes, un fandango éblouissant, dont l'écriture légère, enjouée, sinon toujours profonde, influencera son ami Domenico...

Voir aussi