SOI (psychologie sociale)

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Le soi correspond à ce que nous voulons signifier en disant « je ». Les informations accumulées par l’individu sur lui-même sont si nombreuses et diverses qu’elles font de ce concept un objet complexe à étudier. Depuis la fin des années 1970, de très nombreuses recherches menées en psychologie sociale ont eu pour objectif de comprendre le soi en étudiant principalement son organisation, sa construction et ses motivations. Pour étudier son organisation, les chercheurs ont conceptualisé le soi comme une structure cognitive, c’est-à-dire un ensemble de représentations mentales de soi ou « perceptions de soi » correspondant à ce que les individus perçoivent ou croient être vrais sur eux-mêmes. Ces perceptions de soi peuvent être globales et nous décrire à un niveau très général (« je suis mélomane ») et se décliner jusqu’à un niveau très spécifique (« je suis spécialiste de Verdi et de l’opéra italien »). Les perceptions de soi se caractérisent aussi par leur orientation temporelle : elles peuvent porter sur notre passé, notre présent ou notre futur (ce que je voudrais, pourrais ou ai peur d’être). Enfin, les perceptions de soi peuvent être réelles (ce que je pense être) ou potentielles et constituer un idéal de soi (ce que je voudrais être dans le présent si j’avais la possibilité d’être différent[e]). Les perceptions de soi les plus importantes dans la définition de soi dirigeront plus fortement le traitement de l'information et les comportements de l’individu, comparativement à des perceptions de soi considérées par l’individu comme moins descriptives de ce qu’il est.

Nos perceptions de soi se construisent socialement sous l’influence d’autrui. Cet autrui peut prendre la forme de personnes signifiantes qui nous renvoient une image de nous-mêmes dans un processus de soi-miroir (nous nous faisons une idée de ce que nous sommes dans l'image renvoyée par autrui jouant le rôle de miroir) ou lors de comparaisons avec autrui. Notre soi se construit également sous l’influence de nos appartenances sociales (genre, ethnie, religion, etc.) et des normes sociales véhiculées par notre culture. Au début des années 1990, les travaux ayant examiné comment les individus donnent du sens à leur soi ont permis de comprendre les différences culturelles dans les comportements. Il a ainsi été montré que les individus appartenant à des cultures collectivistes (comme la Chine) conçoivent leur soi comme fondamentalement interdépendant (connecté aux autres et défini par les relations aux autres), alors que les individus évoluant dans des cultures individualistes (comme la France) interprètent leur soi comme fondamentalement indépendant (unique et différent des autres). Actuellement, afin de mieux comprendre les phénomènes psychologiques, les chercheurs examinent les différences intraculturelles dans la façon de donner du sens à son soi, en comparant les individus interdépendants et indépendants au sein d’une même culture.

Deux besoins psychologiques principaux orientent la façon dont les individus encodent, stockent et évaluent les informations issues d’autrui, quelle que soit la forme de cet autrui (culture, groupe, personnes signifiantes). Le traitement de l’information sur soi est ainsi souvent soumis à une motivation à se valoriser (valorisation de soi) qui conduit les individus à déformer les informations sur eux-mêmes pour maintenir la meilleure image possible d’eux-mêmes. Cette motivation est particulièrement présente chez les individus concevant leur soi comme indépendant et est associée à des effets bénéfiques, notamment en termes de santé mentale. Les individus présentent également un besoin d’autorégulation correspondant à la nécessité d’exercer du contrôle sur eux-mêmes pour atteindre les objectifs désirés. Il existe deux activités principales d’autorégulation : une activité de promotion caractérisée par une motivation à atteindre des buts désirés et une activité de prévention caractérisée par une motivation à éviter des buts non désirés. Ainsi, l’autorégulation a d’importantes conséquences sur les comportements en les orientant vers un but.

Enfin, il est important de souligner que de nombreux auteurs considèrent que notre soi est malléable et dépend du contexte. Le soi peut être ainsi défini ou catégorisé à différents niveaux, allant d’une stricte focalisation sur notre identité personnelle (les caractéristi [...]

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Pour citer l’article

Delphine MARTINOT, « SOI (psychologie sociale) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/soi-psychologie-sociale/