SKANDERBEG GEORGES KASTRIOTI dit (1403 env.-1468)

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Issu de la noble famille des Kastrioti qui, après des luttes difficiles contre d'autres seigneurs albanais (Balsha, Thopia), avait réussi à dominer, vers 1400, toute la région comprise entre Tirana et les montagnes au nord de Scutari, Skanderbeg doit être livré comme otage par son père Jean au sultan ottoman Murad II, son vainqueur en 1422. Emmené à Andrinople, il reçoit une instruction militaire et s'initie à la foi islamique : excellent combattant, il suscite l'admiration des Turcs qui lui donnent le surnom d'Iskander (Alexandre). Le sultan lui confère les titres de subas, puis de sandjak-bey : ainsi, le prince peut distribuer des timars (fiefs militaires) à de nombreux Albanais, développant sa clientèle.

Skanderbeg profite des offensives hungaro-polonaises contre les Turcs pour regagner son pays, s'établir solidement dans la forteresse de Krujë et, de là, organiser la résistance albanaise. En 1444, il convoque à Lesh une vaste assemblée de chefs albanais qui le reconnaissent pour commandant suprême. Dès lors, le combat s'identifie grâce à l'appui assez constant de Venise et du roi Alphonse de Naples. Plus que la Seigneurie vénitienne, avant tout préoccupée de la situation maritime, le roi de Naples, héritier des projets normands et angevins, devait aider le chef albanais, redevenu de surcroît le chrétien défenseur avancé de l'Italie méridionale contre l'Islam. En 1452-1453, Skanderbeg s'engage donc à reconnaître la haute autorité d'Alphonse le Magnanime dès que celui-ci aura dépêché des troupes et des canons.

Les opérations anti-ottomanes sont cependant contrariées par le comportement déloyal de nombreux princes albanais, y compris le propre neveu de Skanderbeg, Hamza Kastrioti, qui s'enfuit chez le sultan. Toutefois, le 7 septembre 1457, c'est la victoire d'Albulene, et la réputation de Skanderbeg est alors si grande que le Congrès de Mantoue songe à lui conférer le commandement de la croisade projetée. En fait, ces quelques années de trêve avec Mehmed II précèdent le déclenchement, en 1463, de la grande guerre vénéto-ottomane. Très vite, Skanderbeg donne son concours aux Vénitiens et porte des coups très durs aux Turcs en 1465, en 1467 encore. Sa capitale, Krujë, est défendue avec succès ; mais le héros, épuisé par les fatigues et la fièvre, meurt le 17 janvier 1468.

—  Freddy THIRIET

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Pour citer l’article

Freddy THIRIET, « SKANDERBEG GEORGES KASTRIOTI dit (1403 env.-1468) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/skanderbeg/