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SANZA

Utilisé au féminin, le terme sanza désigne un instrument africain, appelé aussi « jeu de languettes pincées », qui, d'un point de vue organologique, est un lamellophone. Sanza est l'un des nombreux noms vernaculaires sous lesquels l'instrument est connu parmi les diverses populations africaines qui en font usage.

Il se compose d'une série de languettes de longueurs inégales, produisant chacune un son ; ces languettes sont fixées sur une caisse de résonance ou sur une planchette, au moyen d'une ou de deux traverses faisant office de chevalet. Leurs extrémités libres sont pincées par les deux pouces du musicien qui tient la sanza devant sa poitrine ou bien posée sur ses genoux quand il joue assis.

Son domaine s'étend quasiment sur tout le continent noir où il est né et se prolonge dans le Nouveau Monde avec la marimbula afrocubaine qui en est directement issue. Autant que ses appellations régionales (mbira, kembé, kalimba, dézè, kisanzi, etc.), ses variantes morphologiques sont très nombreuses. On a pu recenser une dizaine de types différents par la matière (bambou ou fer), par le nombre des touches (5 à 27 disposées sur un ou deux rangs) et par la forme du support qui peut être une simple plaque de bois, une calotte de calebasse, des rameaux de ronier assemblés, une caisse de résonance hémisphérique ou, plus fréquemment, en forme de parallélépipède dont les dimensions peuvent varier de 20 à 60 centimètres de côté. Des accessoires sonores (perles, anneaux, graines) peuvent y être ajoutés pour jouer le rôle de bruiteurs.

La sanza est, avec le xylophone, l'un des rares instruments mélodiques de la famille des idiophones qui comprend surtout des percussions. Elle est souvent jouée en solo, quelquefois dans un contexte rituel mais, plus généralement, pour le plaisir de celui qui en joue. Ses sonorités délicates servent à tenir en éveil les gardiens de nuit, à soutenir la marche du voyageur solitaire et à accompagner, à l'occasion, des chants de caractère mélancolique.

— Geneviève DOURNON

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • PERCUSSION, musique

    • Écrit par Jean GAUTHIER, Sylvio GUALDA, Paul MÉFANO
    • 5 607 mots
    • 11 médias
    ...qu'on met en vibration avec les doigts ; la guimbarde provoque un bourdonnement continu modulable à volonté (Océanie, Afrique noire, Asie, Europe). La sanza camerounaise étend le principe de la guimbarde à un clavier de lames avec des bagues de laiton ou de cuivre, auquel est adjoint un résonateur....

Voir aussi