PERTINI SANDRO (1896-1990)

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Président de la République italienne de 1978 à 1985. Né le 25 septembre 1896 à Stella San Giovanni près de Savone (Ligurie), licencié en droit et en science politique, Sandro Pertini, de son vrai nom Alessandro Pertini, s'inscrit en 1918 au Parti socialiste où il milite dans l'aile réformiste de Filippo Turati. Opposant de la première heure au fascisme, il est arrêté en 1925 et condamné à huit mois de prison. En 1927, il s'enfuit en France, accompagnant Filippo Turati dont il a organisé l'évasion d'une prison fasciste. À Nice, le jeune avocat italien mène la dure vie des exilés politiques, contraint pour vivre d'exercer divers métiers manuels : maçon, peintre en bâtiment, laveur de voitures. Rentré clandestinement en Italie en 1929, il est vite arrêté et condamné à onze ans de réclusion. Délivré par la chute de Mussolini, il participe activement à la Résistance en Italie du Nord. À la Libération, sa carrière politique s'annonce brillante. Dans le Parti socialiste, il occupe les positions les plus élevées : secrétaire général d'avril à décembre 1945, secrétaire général adjoint de 1946 à 1955.

Mais son individualisme et son caractère intransigeant le marginalisent peu à peu, car il n'est ni un leader capable de médiation entre les différentes tendances ni un puissant chef de courant.

Passionnément attaché à la fois à l'unité du mouvement ouvrier et à l'autonomie socialiste, il s'est successivement opposé à tous les dirigeants de son parti qui lui paraissaient négliger l'un ou l'autre de ces deux principes. Au nom de l'unité, il s'est d'abord heurté à Filippo Turati en 1929 en se prononçant contre le fait d'exclure de la Concentration démocratique antifasciste les communistes alors engagés dans une violente campagne à l'égard des « social-traîtres ». Pour les mêmes raisons, il condamne en 1947 la scission de Giuseppe Saragat qui refuse la politique trop unitaire du parti, et, dans les années 1980, prend ses distances à 1'égard de Bettino Craxi jugé trop agressivement anticommuniste. Ses dernières recommandations, peu de temps avant sa mort, au chef du Parti socialiste de ne pas faire obstacle à l'évolution en cours du Parti Communiste Italien et de rechercher une entente entre les deux partis de la gauche italienne font figure de testament politique et montrent bien la permanence et la force de ses convictions unitaires. Celles-ci ne l'empêchent cependant pas de défendre avec autant de fougue l'autonomie socialiste. À deux reprises, il s'oppose sur cette question à Pietro Nenni. En 1947-1948, il est hostile à la présentation de listes communes socialo-communistes aux premières élections législatives. En 1962-1963, très méfiant à 1'égard de la politique de centre gauche, il met Pietro Nenni en garde contre la position subalterne du P.S.I. à l'égard de la Démocratie chrétienne. Ce statut d'éternel opposant, ses diatribes contre les signes de dégénérescence d'un parti plus soucieux du pouvoir pour le pouvoir que d'idéologie et de programme l'éloignent pendant quatorze ans de la direction du P.S.I.

C'est tardivement et au sein des institutions qu'il donnera vraiment sa mesure. À soixante-douze ans, en 1968, il est en effet élu président de la Chambre des députés, fonction qu'il exerce avec énergie et impartialité pendant deux législatures (1968-1976) et qui en font le troisième personnage de l'État. Mais c'est évidemment son élection surprise à la présidence de la République, en juin 1978, à la veille de ses quatre-vingt-deux ans, qui lui donne sa stature. Après quinze tours de scrutin inutiles, les grands partis se mettent d'accord sur son nom, symbole de conscience morale et d'unité nationale dans un moment d'exceptionnelle gravité pour un pays encore sous le choc de l'assassinat d'Aldo Moro par les Brigades rouges et de la démission du président de la République, Giovanni Leone, mis en cause dans le scandale Lockheed. Son septennat s'ouvre ainsi sur le double défi du terrorisme et de la question morale, qu'il affronte avec une égale intransigeance. Adversaire de toute négociation avec les terroristes dans l'affaire Moro contre la politique ambiguë menée alors par son propre parti, il s'oppose [...]

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ITALIE - La vie politique depuis 1945

  • Écrit par 
  • Geneviève BIBES, 
  • Marc LAZAR
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Dans le chapitre « Les difficiles rapports P.S.I.-D.C. »  : […] Tant qu'elle est sous le coup de la défaite de 1983, la D.C. ne peut que subir une situation qui l'exclut, au profit des socialistes, des deux principaux centres de pouvoir, la présidence de la République, occupée depuis 1978 par le très populaire Sandro Pertini, et la présidence du Conseil. Mais l'encouragement apporté par les premiers tests électoraux ravive la prétention du parti le plus fort […] Lire la suite

Pour citer l’article

Geneviève BIBES, « PERTINI SANDRO - (1896-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sandro-pertini/