DAVIS SAMMY Jr. (1925-1990)

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Véritable enfant de la balle, Samuel Davis voit le jour à Harlem, le 8 décembre 1925, dans une famille d'artistes de music-hall. Son père, Sammy Davis, qui se produit dans divers clubs de jazz new-yorkais et à l'occasion de revues itinérantes, lui fait faire ses débuts sur les planches et à l'écran dès l'âge de quatre ans. Aussi est-ce directement sous les yeux du public que le gamin va apprendre son métier de chanteur, de fantaisiste et d'acteur. Outre le jazz, sa formation vocale se complète au contact du gospel et du blues ; mais c'est en adoptant le genre « crooner », inspiré de Bing Crosby, qu'il trouve définitivement sa voie.

Dès lors, multipliant les passages en cabaret, les comédies musicales et les shows radiophoniques, Sammy Davis, Jr. impose rapidement son personnage dynamique et souriant d'homme à tout faire du music-hall ; si bien que sa renommée est déjà bien établie lorsqu'il rejoint l'armée américaine, en 1943.

Quelques années plus tard, un accident lors d'une tournée lui coûte l'œil gauche. Cela ne freine en rien l'irrésistible ascension sociale et professionnelle du fantaisiste, qui affiche un humour grinçant : « Noir, juif et borgne ! Je n'avais rien pour réussir. Et pourtant... » Qu'il se produise seul, ou avec le Will Mastin Trio, Sammy Davis, Jr. sera l'un des plus célèbres crooners de l'après-guerre. On le comparera souvent à Frank Sinatra ; mais, loin de se considérer comme des rivaux, les deux hommes se lieront d'amitié, au point de partager l'affiche des plus grandes salles de Las Vegas, de tourner trois films ensemble, et de former avec Dean Martin et Peter Lawford le fameux « Rat Pack » (« paquet de rats »), la « bande à Sinatra ». Une amitié qui, en 1960, allait se trouver confrontée à la raison d'État. En effet, la campagne présidentielle américaine bat son plein lorsque Sammy Davis, Jr. annonce à ses proches son mariage imminent avec May Britt, une superbe blonde. Nouvelle qui, compte tenu des tensions raciales de l'époque, pourrait être exploitée par les adversaires de John Kennedy, dont Peter Lawford est le beau-frère. Le crooner noir devra donc attendre quelques mois après les élections pour convoler officiellement.

Chanteur, imitateur génial et fantaisiste d'audience internationale, Sammy Davis, Jr. se produira, tout au long de sa carrière, dans les salles les plus prestigieuses. Ses dernières tournées seront essentiellement dédiées à des associations humanitaires ou caritatives. Il meurt à Beverly Hills le 16 mai 1990. Comme acteur, son nom figure au générique de nombreux films, parmi lesquels Porgy and Bess d'Otto Preminger (1959), Ocean's Eleven de Lewis Milestone (1960), Les Trois Sergents de John Sturges (1962), Sweet Charity de Bob Fosse (1969). Sammy Davis, Jr. est l'auteur de deux ouvrages autobiographiques : Yes I Can (1965 ; trad. franç. Flammarion, Paris, 1967) et Why me ? (1989 ; trad. franç. Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu ?, O. Orban, Paris, 1990).

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Écrit par :

  • : journaliste, écrivain, historien de la chanson

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Pour citer l’article

Marc ROBINE, « DAVIS SAMMY Jr. (1925-1990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sammy-davis/