SAINT-MARIN

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique de Saint-Marin (SM)
Chefs de l'État et du gouvernementles capitaines-régents Oscar Mina et Paolo Rondelli (du 1er avril 2022 au 1er octobre 2022)
Note :
CapitaleSaint-Marin
Langue officielleitalien
Unité monétaireeuro (EUR) 1
Note : L'unité monétaire utilisée est l'euro même si Saint-Marin n'est pas membre de l'Union européenne
Population33 600 (estim. 2021)
Superficie (km2)61

État indépendant enclavé dans le territoire italien, remarquable par ses dimensions réduites (61 km2), la république de Saint-Marin (San Marino en italien) se singularise par l'ancienneté et par la continuité de ses institutions depuis le Moyen Âge.

Saint-Marin : carte physique

Carte : Saint-Marin : carte physique

Carte physique de Saint-Marin. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

Saint-Marin : drapeau

Dessin : Saint-Marin : drapeau

Saint-Marin (1797). Deux bandes horizontales égales, évoquant la neige sur le mont Titan et la lumière du ciel ; au centre, les complexes armoiries d'État, couronnées, et accompagnées d'un listel portant le seul mot « Libertas ». 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

Situé à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Rimini, entouré par l'Émilie-Romagne et par les Marches, le territoire fait partie de l'Apennin calcaire : c'est un ensemble de collines dominées par la crête abrupte du mont Titan (750 m). L'existence de Saint-Marin est intimement liée à cette montagne, refuge et fortification naturelle, sur le sommet de laquelle se dresse la capitale.

Fort de la Guaita, Saint-Marin

Diaporama : Fort de la Guaita, Saint-Marin

Couronnant le monte Titano (Saint-Marin), la Guaita, ou Roca, est un édifice fortifié du XIe siècle, reconstruit au XVe siècle et restauré au XVIIe siècle. 

Crédits : Caminoel/ Shutterstock

Afficher

Une tradition d'indépendance

La tradition historique a tendu à faire remonter aussi loin que possible dans le passé un idéal exceptionnel de liberté et d'égalité. Saint-Marin aurait pour origine une petite communauté chrétienne, fondée au ive siècle par Marin, tailleur de pierre dalmate, réfugié sur le mont Titan, pour échapper aux persécutions de Dioclétien. Il aurait reçu d'une dame de Rimini toute la montagne en « alleu » (terre libre et franche sans aucune dépendance). En fait, les rares documents historiques prouvent seulement la présence à cet endroit d'un monastère vers 500, d'un château fortifié au milieu du viiie siècle, et à nouveau d'un monastère en 885, possédant d'assez vastes domaines cultivés, ce qui implique l'établissement d'une population agricole. Ce n'est donc que vers les xe et xie siècles que commence réellement l'existence de la cité, avec l'augmentation de la population et la nécessité d'une organisation civique ; aux côtés de l'abbé apparaît un deffensor, chargé de la défense, et se constitue l'Arengo, assemblée des chefs de famille, qui détient le pouvoir délibératif suprême.

Du xie au xiiie siècle, la communauté eut à se défendre contre les prétentions de la papauté, des évêques voisins de Rimini et de Montefeltro (elle se rangea aux côtés des gibelins). Elle reçut en donation ou acheta de nouveaux territoires, et consolida son système de défense et son organisation interne : les premiers statuts communaux, antérieurs à 1295, furent réformés à plusieurs reprises ; les magistrats suprêmes étaient les consuls (appelés à partir de 1302 capitaines et défenseurs) ; elle prit le nom de république. Sa force nouvelle provoqua aux xive et xve siècles de nombreuses convoitises et des guerres avec ses voisins, les ducs de Rimini, durant lesquelles elle fut soutenue par les ducs d'Urbino. Grâce à leur alliance, à celle des papes et des ducs d'Aragon, rois de Naples, elle en sortit définitivement victorieuse en 1462, ayant affermi sa position parmi les États italiens de l'époque et atteint ses limites territoriales définitives. C'est probablement vers cette époque que l'Arengo délégua ses pouvoirs à une Assemblée plus restreinte : le Grand Conseil (vingt nobles, vingt bourgeois, vingt paysans, nommés à vie et se recrutant par cooptation). La première moitié du xvie siècle fut encore marquée par des tentatives d'occupation : en 1503, année la plus sombre de son histoire, elle fut occupée plusieurs mois par les troupes de César Borgia. À partir de 1550, aucun événement militaire ne vint la troubler.

Aux xviie et xviiie siècles, un déclin relatif se manifesta : abus du droit d'asile, tendance oligarchique du Grand Conseil, discordes internes, qui provoquèrent une tentative d'annexion par la papauté (occupation par le légat pontifical Alberoni en 1739).

Par la suite, la république de Saint-Marin, trop petite pour être gênante, prit une valeur de symbole : Bonaparte, en 1797, la respecta ; en 1815, le congrès de Vienne confirma sa souveraineté. Elle offrit constamment asile à de nombreux exilés et réfugiés politiques (notamment à Garibaldi et aux restes de ses troupes, en 1849, après la chute de la République romaine). Elle se mit, en 1862, sous la protection du royaume d'Italie, et a renouvelé cet accord à plusieurs reprises. Saint-Marin devient fasciste en même temps que l'Italie, et elle subit un violent bombardement en 1944.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Médias de l’article

Saint-Marin : carte physique

Saint-Marin : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Saint-Marin : drapeau

Saint-Marin : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Fort de la Guaita, Saint-Marin

Fort de la Guaita, Saint-Marin
Crédits : Caminoel/ Shutterstock

diaporama

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  SAINT-MARIN  » est également traité dans :

ENCLAVE

  • Écrit par 
  • Patricia BUIRETTE
  •  • 353 mots

Territoire d'un État ou partie de ce territoire entièrement entouré par le territoire d'un autre État. Nombreuses à l'époque féodale, les enclaves ont progressivement disparu avec l'apparition d'États modernes dans lesquels à l'unité du pouvoir correspond le plus souvent une même unité sur le plan du territoire et de la population. Cependant, les aléas de l'histoire ont laissé subsister jusqu'à au […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

26 septembre 2021 Saint-Marin. Approbation de la légalisation de l'avortement.

Par référendum, les électeurs se prononcent à 77,3 % en faveur de l’initiative populaire qui propose d’abroger la loi pénalisant l’interruption volontaire de grossesse. Le taux de participation est de 41,1 %. L’Église catholique, tout comme le Parti démocrate-chrétien, principale composante de la coalition au pouvoir, étaient opposés à cette initiative. […] Lire la suite

8-30 décembre 2019 Saint-Marin. Élections législatives.

La liste Saint-Marin libre qui regroupe la Gauche démocrate et socialiste et ses alliés, au pouvoir, enregistre un grave revers avec 16,5 p. 100 des suffrages et 10 députés. La liste Nous pour la République (centre gauche) obtient 13,1 p. 100 des voix et 8 sièges. La République du futur (centre), membre de la coalition gouvernementale sortante, régresse avec 10,3 p. […] Lire la suite

4 décembre 2016 Saint-Marin. Élections législatives.

sm) dirigée par la gauche socialiste et démocrate remporte le second tour des élections législatives avec 35 sièges sur 60, contre 16 à la coalition San Marino prima di tutto (Saint-Marin avant tout) menée par le Parti chrétien-démocrate, et 9 à la coalition Democrazia in movimento (Démocratie en mouvement) conduite par le Mouvement civique pour la rénovation, l’équité, la transparence et le développement durable. […] Lire la suite

11 novembre 2012 Saint-Marin. Victoire de la coalition au pouvoir lors des élections législatives

La coalition électorale Pour le bien commun de Saint-Marin, dirigée par le Parti démocrate-chrétien au pouvoir, obtient 35 sièges sur 60 aux élections législatives anticipées – le Grand Conseil avait été dissous en août. Elle devance la coalition menée par le Parti socialiste, Entente pour le pays, qui obtient 12 élus, la coalition de gauche Citoyenneté active – 9 élus – et le Mouvement Renouveau, équité, transparence et éco-viabilité – 4 députés. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Lise BORDARIER, « SAINT-MARIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-marin/