GRUBBS ROBERT H. (1942- )

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Chimiste américain. Originaire du Kentucky, où il naquit le 27 février 1942 à Calvert City, près de Possum Trot, Robert H. Grubbs entra à l'université de Floride, à Gainesville. Après sa licence en 1963, il s'initia à la recherche en chimie organique, obtint un doctorat à Columbia (1968), puis fit un stage postdoctoral à Stanford (1968-1969). Il devint assistant professor à l'université d'État du Michigan, à East Lansing (1969-1973). Titularisé en 1973, Grubbs fut appelé à Caltech en 1978. Il y fit le reste de sa carrière.

Dès ses débuts (1968), Grubbs s'intéressa à une transformation, alors énigmatique. La métathèse est la réaction d'échange des groupes terminaux entre deux réactants éthyléniques A2C=CA2 et B2C=CB2 conduisant à un produit A2C=CB2. Le Français Yves Chauvin fut à l'origine de son élucidation. Chauvin proposa un mécanisme pour la catalyse par les métaux : dans son idée, un atome métallique M s'attache d'abord un groupe terminal CA2 ou CB2, puis un réactant éthylénique, d'où formation d'un cycle à quatre atomes, celui du métal et les trois atomes de carbone, qu'unissent des liaisons simples.

Grubbs eut pour modèle et stimulant un autre professeur de Columbia, Thomas J. Katz, qui lui aussi fit œuvre de pionnier dans l'étude de cette même réaction de métathèse. Grubbs prouva expérimentalement, en 1975, la validité du mécanisme de Chauvin.

Il privilégia toujours les applications. Déjà lors de ses années de formation, baignant dans un milieu de minéralistes et de chimistes des organométalliques, imbus de théorie, Grubbs eut le souci complémentaire des applications. Homme de la pratique, il rédigeait à la fois publications et demandes de brevets. Il fonda aussi sa propre société, Materia.

Katz, qui n'aboutit pas à une percée décisive en matière de métathèse, s'intéressa à d'autres problèmes. Grubbs, en revanche, poursuivit ses recherches avec ténacité et inventa, près de deux décennies plus tard (1992), des catalyseurs homogènes, c'est-à-dire faits de molécules se dissolvant dans le milieu réactionnel. Ce furent des complexes du ruthénium, pentacoordinés, possédant un ligand alkylidène. Leur vertu, surtout ceux de seconde génération (1999), fut de combiner stabilité, activité catalytique et une large tolérance vis-à-vis de groupements fonctionnels très divers.

Dès lors, Grubbs siégeait au nombre des nobélisables. Sa créativité fit école et suscita un engouement pour les recherches sur la métathèse des oléfines qui lui ouvrit la célébrité. En 2005, il partagea avec Yves Chauvin et Richard R. Schrock le prix Nobel de chimie.

—  Pierre LASZLO

Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'École polytechnique et à l'université de Liège (Belgique)

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Pour citer l’article

Pierre LASZLO, « GRUBBS ROBERT H. (1942- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-h-grubbs/