GRAVES ROBERT (1895-1985)

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Accomplissement de la poésie

Pour Graves, être poète n'est pas un art mais une manière de penser, de sentir, de vivre. Individualiste par-dessus tout, il n'a jamais voulu se rattacher à aucune école ni en fonder aucune. En fait, c'est un traditionaliste qui a recherché, puis cultivé son propre mode d'expression sans se soucier des divers courants littéraires et poétiques de son époque, sinon pour les condamner. La conscience de son hérédité irlandaise, ses premières rencontres avec la littérature et la poésie celtiques dans la bibliothèque de son père n'ont jamais cessé de le hanter, non plus que les chants amoureux des bardes. Il reconnaît avoir cherché et trouvé, en les adaptant, le rythme et la métrique de ses vers dans la poésie galloise. Quant à la gestation poétique, Graves la définit ainsi : « Pour écrire un poème, il faut s'hypnotiser jusqu'à atteindre le niveau le plus élevé du sommeil qui vous donne accès aux mots, aux souvenirs, aux perceptions, non seulement du passé mais du futur... Toute pensée véritable se situe sur un plan où le temps n'existe pas. »

Graves est classé à ses débuts, en 1916, parmi les poètes georgiens : il s'en échappe vite. Après 1918, il va désespérément chercher dans la poésie le moyen de se guérir des troubles psychologiques dus à son expérience d'une guerre atroce ; après 1923, il discipline son romantisme et se retranche dans une sorte de stoïcisme classique.

En 1926, il rencontre la poétesse américaine Laura Riding auprès de laquelle il vivra une dizaine d'années, et une nouvelle époque de sa poésie se dessine. Les qualités de son génie se précisent et s'ordonnent, il écrit beaucoup et devient un des maîtres de la poésie anglaise contemporaine. En 1929 il s'installe à Majorque où il mourra en 1985.

En 1944, la révélation que Graves eut de l'antique déesse de la Méditerranée (The White Goddess) apporta à son œuvre la dimension qui lui manquait peut-être, une dimension métaphysique en ce sens que cette déesse dont il se fit le héraut fut désormais l'inspiratrice de toute sa poésie et le lien entre lui et l'univers. Depuis lors ses poèmes eurent pour principal sujet l'amour et le culte rendu à la femme qui est, pour Graves, le centre de tout, l'axe de toute poésie (« Man does, Woman is »).

Son style des dernières années, toujours fidèle à ces traditions qu'il considère être le génie de la langue anglaise, se faisait de plus en plus concis et atteint, au-delà de l'émotion, une sobriété et une perfection grandissantes.

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SKELTON JOHN (1460 env.-1529)

  • Écrit par 
  • Henri FLUCHÈRE
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Poète anglais, longtemps négligé, John Skelton refait surface grâce à l'admiration que lui ont vouée quelques poètes modernes, dont W. H. Auden, qui lui a consacré un essai en 1935 ( The Great Tudors ), et Robert Graves. Vers 1485, il avait déjà traduit La Bibliothèque historique de Diodore de Sicile, d'après une transposition en latin. En 1489, il fut créé poète-lauréat des universités d'Oxford […] Lire la suite

Pour citer l’article

Marie-Laure de FOLIN, « GRAVES ROBERT - (1895-1985) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-graves/