RESTIF DE LA BRETONNE (1734-1806)

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Le philosophe réformateur

Le contact de Restif avec Paris – où il mourra dans une misère totale – a suscité en lui une vocation forcenée de réformateur. Il ne fut pas le seul en son temps, et cette obsession réformatrice reste la part la plus éphémère de son œuvre. Précis, passionnant, émouvant quand il parle des paysans, qu'il a bien connus, il devient prolixe, naïf, utopique et souvent très conservateur dès qu'il imagine une société future. Mais il faut lui reconnaître un entêtement et aussi une cohérence obstinés dans les principes qu'il propose pour réformer la nation et les hommes. Il s'attaque délibérément à tous les problèmes et à tous les sujets : la prostitution (dans Le Pornographe où il propose une réglementation étatique) ; le théâtre (dans La Mimographe où il propose aux auteurs une mission que ne désavoueraient pas nos modernes théâtres populaires : former le goût du peuple, éveiller sa curiosité et sa sensibilité) ; l'éducation des jeunes filles (dans Les Gynographes où il révèle des tendances plus que conservatrices : il ne faut jamais apprendre à lire aux jeunes filles mais à bien coudre et à bien filer) ; les lois et la société (dans Les Thesmographes où il propose une société de type communiste fondée sur la propriété collective des biens de production et une propriété agraire et privée réglementée) ; la langue enfin (dans Le Glossographe, non publié de son vivant, où il suggère une réforme cohérente de l'orthographe et de la langue française).

Dans toutes ces tentatives, Restif n'a eu qu'un seul défaut : ignorer la réalité et le développement croissant de l'industrie et du machinisme. Il reprend, à l'échelle du pays tout entier, son rêve adolescent d'un grand village harmonieux, son utopie de communautés limitées à un isolat rural. Pour le reste, il ne fut ni moins ni plus rêveur que ses contemporains.


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Dans le chapitre « Allusions littéraires »  : […] Si les graffiti des civilisations antiques ont fait l'objet d'études savantes, on trouve aussi de nombreuses références aux graffiti modernes dans la littérature française. Balzac en parle avec aversion dans son roman Ferragus (« dans un temps où la rue Pagevin n'avait pas un mur qui ne répétât un mot infâme »). Regnard nous renseigne, dans son Voyage en Laponie , sur la motivation des auteurs de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/graffiti/#i_14400

Pour citer l’article

Jacques LACARRIÈRE, « RESTIF DE LA BRETONNE (1734-1806) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/restif-de-la-bretonne/