REQUETÉS

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En Espagne, le terme requetés désigne les miliciens de la communion traditionaliste (carlisme). Il est tiré du refrain de la chanson de marche du 3e bataillon navarrais pendant la guerre carliste de 1833. Ce refrain disait : « Vamos andando, tápate, que se te vé el requeté » (Marchons et habille-toi, car on te voit le... requeté). Ce surnom donné au bataillon fut, par la suite, étendu à tous les autres. Ces volontaires endurants et braves, en majorité montagnards et au nombre de 25 000 environ, se battirent à deux reprises (1833-1839 et 1872-1876) pour la cause du prétendant don Carlos. Ils luttaient « pour Dieu, la patrie et le roi », défendant la religion traditionnelle, leurs fueros (privilèges locaux) et la monarchie absolue incarnée par don Carlos, frère de Ferdinand VII et suivant la loi salique successeur légal de celui-ci — cela au désavantage d'Isabelle II, qui s'imposera après une longue guerre civile. Au nom de la « sainte tradition », ils exécraient les idées nouvelles, la démocratie libérale et le centralisme castillan. Leur théâtre d'opérations était la Navarre et les provinces basques, où ils remportèrent de brillantes victoires, mais furent finalement battus, en 1839 et 1879, par les armées libérales. En 1933, ils furent repris en main par l'avocat sévillan Manuel Fal Conde, délégué général du vieux prétendant Alfonso Carlos : ils s'entraînaient clandestinement dans les sierras de Navarre et avaient une école d'officiers à Pampelune. Quelques centaines d'entre eux reçurent une instruction militaire en Italie, à la suite d'accords secrets conclus en 1934 entre le chef carliste Olazábal et le gouvernement de Mussolini, qui fournit aussi des armes et des subsides. Les 19 et 20 juillet 1936, sur l'ordre de mobilisation reçu de leurs chefs, 8 000 requetés navarrais, venus des montagnes et de la vallée de l'Ebre sous la conduite de leurs alcades et de leurs curés, précédés du drapeau rouge et or de la monarchie, se concentrèrent à Pampelune sur la place del Castillo. Ils portaient le béret rouge, le scapulaire ou la croix brodée sur la chemise kaki et chantaient leur vieux chant de guerre, l'Oriamendi. Grâce aux tercios de requetés, les nationalistes contrôlèrent rapidement le nord et le nord-ouest de l'Espagne. Les requetés prirent part à toutes les campagnes de la guerre civile.

—  André DESSENS

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Pour citer l’article

André DESSENS, « REQUETÉS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/requetes/