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BOURBON-PARME XAVIER DE (1889-1977)

Né au château de Pianore, près de Viareggio en Toscane, le prince François Xavier de Bourbon-Parme et de Bragance doit à son ascendance et aux circonstances de succéder, par décret royal de cette branche dynastique, le 23 janvier 1936 au vieux prétendant carliste Alfonso Carlos Ier. Jusqu'à la veille de sa mort, il va représenter le carlisme moderne, fonction qu'il remettra entre les mains de son fils Carlos Hugo en mai-juin 1972.

Xavier de Bourbon-Parme est le fils de l'infant d'Espagne Robert de Bourbon et Bourbon, dernier duc régnant de Parme, et de Marie-Antoinette de Bragance, seconde épouse du duc et elle-même infante d'Espagne et de Portugal. Sa tante paternelle Marguerite était la première épouse de don Carlos (Charles VII). Celui-ci, décédé en 1909, a, de sa seconde femme Marie-Berthe de Rohan, trois enfants. dont l'aîné, don Jaime (1870-1931), succède à son père et meurt sans descendance.

C'est l'oncle de don Jaime III, Alfonso Carlos  Ier, un vieillard de quatre-vingt-deux ans, qui est le nouveau prétendant au trône d'Espagne, contre la République cette fois, jusqu'à la veille des élections du Front populaire et de la guerre civile, en 1936. Il meurt à Vienne le 29 septembre, sans enfant.

La régence de Xavier de Bourbon-Parme se transforme en une position de successeur comme chef des carlistes. Il est, nous l'avons vu, issu de la branche des Bourbon-Parme, issue d'un des enfants de Philippe V, instaurateur de la dynastie espagnole. Il n'était pourtant que le sixième enfant de Robert de Bourbon.

Élevé hors d'Espagne, en Italie et en Autriche d'abord, il fait à Paris ses études universitaires et y obtient les titres d'ingénieur agronome et de diplômé ès sciences politiques. Au cours de la Première Guerre mondiale, il opte pour la cause des Alliés, contre les Empires centraux et s'engage dans l'armée belge ; il est le cousin de la reine Élisabeth. Simple soldat artilleur, il atteint le grade de capitaine, puis de commandant d'état-major. Il y gagne la croix de guerre belge, la croix de guerre française et l'Ordre de Léopold.

Il revient vivre à Paris ou au château de Bost, dans l'Allier ; mais son oncle don Alfonso Carlos Ier l'appelle et lui demande de le seconder pour réorganiser le parti carliste et le préparer aux luttes politiques ou militaires. Le 12 novembre 1927, il épouse Madeleine de Bourbon-Busset qui lui donnera six enfants : quatre filles et deux garçons : Carlos Hugo et Sixto Enrique. De 1931 à 1936, il organise militairement ses troupes qui vont grossir les rangs des futurs rebelles à la République, tout en proclamant son indépendance politique vis-à-vis des chefs militaires de l'insurrection. Néanmoins, il signe avec son représentant officiel Manuel Fal Conde l'ordre de soulèvement et lève cent mille volontaires, appelés requetés. Nul n'ignore le rôle primordial en première ligne de ces soldats, fanatiques et cruels selon certains, héroïques et religieux selon d'autres.

Les tensions avec le gouvernement de Burgos, puis de Salamanque apparaissent très rapidement. Expulsé d'Espagne avec son état-major politique, Xavier de Bourbon-Parme s'installe à Saint-Jean-de-Luz, a même des contacts avec le gouvernement basque de José Antonio Aguirre, peu avant le bombardement de Guernica par la légion Condor, au moment où le décret d'unification des organisations politiques dans le camp dit nationaliste (le 19 avril 1937) va fondre Phalange espagnole et Parti carliste sous le nom de Movimiento nacional.

Dès lors, l'opposition aux ambitions de Franco va croissant. Une seconde expulsion du territoire nationaliste se produit dès le 27 décembre 1937. La rupture est pratiquement consommée avant 1939.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, Xavier de Bourbon-Parme, fidèle à ses convictions[...]

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Écrit par

  • : professeur à l'université de Paris-VIII, directeur de l'Institut d'études hispaniques et hispano-américaines

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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