BARRIENTOS ORTUÑO RENÉ (1919-1969)

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Né à Cochabamba (Bolivie), Barrientos, après des études au collège militaire, est nommé sous-lieutenant en 1942, passe son brevet de pilote aux États-Unis et devient commandant de l'École de l'air bolivienne. Membre du Mouvement nationaliste révolutionnaire (M.N.R.) qui a réalisé la révolution nationaliste en 1952 (nationalisation des mines, dissolution de l'armée, droit de vote aux analphabètes, qui représentent 70 p. 100 de la population, réforme agraire), il est élu à la vice-présidence du pays en mai 1964. Quatre mois plus tard, à la tête d'une junte, il renverse le président Paz Estenssoro. Après avoir échappé à six tentatives d'assassinat (non sans avoir été gravement blessé à la fin de 1964), Barrientos, soucieux de rétablir l'ordre, réprime durement l'agitation des mineurs, notamment ceux d'Oruro, et décide de s'appuyer sur les paysans bénéficiaires de la réforme agraire : il autorise les paysans pauvres, qui lors de la réforme réalisée par le président Estenssoro ont reçu des terres sans bétail ni matériel agricole, à vendre une partie des surfaces allouées pour se libérer de leurs dettes. Il fonde le Mouvement populaire chrétien (M.P.C.), se sépare de la junte et remporte l'élection présidentielle de juillet 1966. Promu général en 1967, il combat avec énergie les mouvements de guérilla ; appuyée en particulier par des conseillers américains et encadrée par des militaires du pays formés à Panamá, l'armée bolivienne anéantit, en octobre 1967, dans la gorge de Vallegrande, le noyau de guérilleros dirigé par Che Guevara.

Sans avoir mieux réussi que ses prédécesseurs à résoudre les graves problèmes de son pays (la Bolivie, avec un niveau moyen d'alimentation de 1 650 calories par personne et par jour, précède de peu en la matière la république Dominicaine qui accuse le niveau de vie le plus bas d'Amérique latine), Barrientos a fait un appel accru à l'aide américaine et aux capitaux étrangers. Les relations étroites qu'il tisse avec ceux des pays d'Amérique latine qui entretiennent des relations privilégiées avec Washington seront poursuivies par les successeurs de Barrientos, exception faite de la période du gouvernement Torres. Le 27 avril 1969, le général Barrientos trouve la mort dans un accident d'hélicoptère ; il est remplacé, ainsi que le prévoit la Constitution, par le vice-président, Luis Alfredo Siles Salinas.

—  Gérard PONTHIEU

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Dans le chapitre « L'emprise militaire »  : […] En novembre 1964, l'armée, encouragée et réorganisée grâce aux appuis techniques et aux subsides des États-Unis, généreusement dispensés à la suite de la révolution cubaine, revient au pouvoir par un coup d'État. Elle y reste pendant dix-huit années, qui sont marquées par une instabilité permanente puisque dix-sept présidents se succèdent durant c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bolivie/#i_37778

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Gérard PONTHIEU, « BARRIENTOS ORTUÑO RENÉ - (1919-1969) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/rene-barrientos-ortuno/