POLYGAMIE, botanique

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Chez les Angiospermes, les fleurs peuvent être unisexuées (fleurs mâles constituées d'étamines, et fleurs femelles renfermant les carpelles). Mais, le plus souvent, les fleurs comportant à la fois étamines et carpelles sont bisexuées.

Lorsque les deux sexes sont réunis dans une même fleur, l'espèce est hermaphrodite, mais quand les deux sexes sont séparés, fleurs mâles sur des pieds mâles et fleurs femelles sur des pieds femelles, l'espèce est dioïque. Chez les plantes dioïques, la détermination du sexe est d'origine génétique par le truchement des chromosomes sexuels à la méiose et à la gamie : on dit qu'il y a diécie. Entre ces deux cas extrêmes, se situent les espèces dites monoïques (monécie) dont les fleurs mâles et les fleurs femelles se rencontrent sur un même individu.

En fait, la distribution des fleurs hermaphrodites et des fleurs unisexuées pour une espèce donnée est souvent beaucoup plus complexe que ne le laisse supposer l'existence des trois cas signalés. En effet, une espèce polygame possède à la fois des fleurs hermaphrodites et des fleurs unisexuées.

La polygamie se manifeste différemment suivant la distribution relative des fleurs mâles et (ou) femelles d'une part, des fleurs hermaphrodites d'autre part, sur un, deux ou trois types d'individus.

Si l'espèce ne forme pas de fleurs mâles, mais seulement des fleurs femelles et des fleurs hermaphrodites, il y a gynomonécie quand ces deux catégories de fleurs sont réunies sur un même individu (pariétaire) et gynodiécie quand elles sont séparées sur des pieds différents (thym).

Inversement, quand l'espèce ne possède pas de fleurs femelles, mais seulement des fleurs mâles et des fleurs hermaphrodites, par analogie avec les deux cas précédents, on distingue une andromonécie (fleurs mâles et fleurs hermaphrodites portées par un même individu, tel le vératre) et une androdiécie (fleurs mâles et fleurs hermaphrodites distribuées sur deux catégories de pieds, les uns mâles, les autres hermaphrodites : dryas par exemple).

Quand il existe à la fois des fleurs femelles, mâles et hermaphrodites, la trimonécie se caractérise par le fait qu'un même individu possède les trois sortes de fleurs (marronnier), alors qu'elles sont séparées sur des pieds femelles, des pieds mâles et des pieds hermaphrodites dans le cas de la triécie (frêne).

En réalité, il existe d'autres combinaisons plus complexes et plus rares.

Cette polygamie pourrait exprimer un état sexuel instable de fleurs unisexuées évoluant vers l'hermaphrodisme ou, inversement, de fleurs hermaphrodites sur la voie de l'unisexualité.

—  Robert GORENFLOT

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-Sud, directeur du Laboratoire de taxonomie végétale expérimentale et numérique associé au C.N.R.S.

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Pour citer l’article

Robert GORENFLOT, « POLYGAMIE, botanique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/polygamie-botanique/