TAIRRAZ PIERRE (1933-2000)

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Le photographe Pierre Tairraz est né le 19 novembre 1933 à Chamonix. Une enfance heureuse partagée entre l'école et les randonnées avec son père Georges Tairraz, photographe et cinéaste, déterminent sa carrière : il sera photographe de montagne. La vocation du garçon s'inscrit dans une tradition familiale qui remonte à plus d'un siècle et qui accompagne l'évolution de la photographie.

Joseph Tairraz (1827-1902), guide de montagne, s'intéresse dès 1857 à la technique du daguerréotype et réalise les portraits de ses proches. Le progrès représenté par les plaques de verre au collodion humide sensibilisé aux sels d'argent l'amène, malgré le poids considérable de l'équipement, malgré la contrainte de la préparation et du développement sur place, sous une tente obscure, à réaliser en 1861 la première photographie du Mont-Blanc. Joseph Tairraz installe à Chamonix un studio de portrait et de « photographie alpine ». Appelé à prendre sa suite, son fils Georges (1868-1924) suit à Paris un apprentissage auprès du photographe Pierre Petit. Il devient comme son père guide et photographe de montagne, et constitue une collection de négatifs au bromure d'argent sur plaques géantes 50 × 60 cm, au rendu de détail remarquable.

Son fils Georges (1900-1975), que l'on appellera Georges Tairraz II, suivra à son tour la double carrière de guide et de photographe, élargie dès 1920 à la pratique du cinéma. Il réalise un premier documentaire en 1934, L'Ascension des aiguilles Ravanel et Mummery, avant d'entamer une longue collaboration avec Roger Frison-Roche. Conseiller technique sur le tournage du film Premier de cordée réalisé en 1943 par Louis Daquin, Georges Tairraz accompagne Frison-Roche dans ses expéditions dans le Hoggar et en Antarctique. Avec le guide et écrivain Gaston Rébuffat, il réalise deux films sur la face nord des Alpes.

Fils de Georges Tairraz II, Pierre Tairraz (1933-2000) représente donc la quatrième génération d'une lignée d'hommes d'images impliqués dans la prise de vue de la nature. Après des études secondaires en Haute-Savoie, à Thônes puis à Annecy, Pierre Tairraz achève sa formation à Paris, à l'école de la rue de Vaugirard (promotion Cinéma 1953), puis à l'I.D.H.E.C. (1953-1954) tout en participant, en 1952, au tournage du film de Frison-Roche Sur les traces de Premier de cordée, comme assistant de son père. Il fait un stage à la télévision en 1953 avant d'effectuer son service militaire, de 1954 à 1957, au Bourget-du-Lac puis en Allemagne. Rendu à la vie civile, Pierre rejoint, en 1955, son père et Gaston Rébuffat sur plusieurs tournages, notamment sur Étoiles et tempêtes, sur la face nord de l'Eiger, et sur le documentaire de Walt Disney consacré à la conquête du Cervin, où il occupe le poste de caméraman. Toujours au côté de son père, il participe aux prises de vues du Pilier de solitude, en 1960, et de Entre ciel et terre, en 1962. En 1964, il filme les jeux Olympiques d'hiver d'Innsbruck, avant d'accompagner le journaliste Pierre François Degeorges dans le désert du Neguev.

Le film documentaire prend alors une grande place dans l'activité de Pierre Tairraz. En 1967, avec Degeorges et son ami Olivier Turcat, il parcourt le Grand Raid, du cap Nord à la Turquie, à bord de voitures anciennes. Il rejoint en 1966 Roger Frison-Roche dans le Grand Nord canadien pour le tournage de Peuples chasseurs de l'Arctique. Il filme encore une expédition sur l'Everest en 1974 et participe, en 1979, au tournage du film Horizons tibétains, après lequel il se consacre exclusivement à la photographie, qu'il n'a jamais abandonnée. Du noir et blanc, bien souvent associé à l'emploi de filtres de contraste, Pierre Tairraz passe à partir des années 1960 à la couleur. Installé en 1975 à Divajeu dans la Drôme, il poursuit son œuvre avec une sensibilité oscillant entre émotion et lyrisme, associant souvent les silhouettes d'alpinistes aux paysages grandioses des cimes. Ses images connaissent une large diffusion par la carte postale, et grâce au livre Montagnes de lumières paru en 1998 aux éditions Hoëbeke. Intéressé par les techniques de l'image numérique, Pierre Tairraz exécute des manipulations informatiques à partir de ses propres images, recréant des paysages de montagne virtuels, toujours poétiques. Il meurt à Divajeu le 14 septembre 2000.

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Hervé LE GOFF, « TAIRRAZ PIERRE - (1933-2000) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-tairraz/