RÉBUFFAT GASTON (1921-1985)

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Les écrits de Gaston Rébuffat mais aussi les témoignages de ses pairs sont là pour nous dire que ce grand gaillard dégingandé, au visage découpé au burin, au parler un peu précieux bien détaché d'entre ses lèvres minces, aura marqué l'aventure de l'alpinisme français, sinon mondial, et aura laissé une trace, par ses ascensions mais aussi parce qu'il sut inspirer à beaucoup le désir de se mettre en chemin vers les « flammes de pierre ».

Né dans une famille de la petite bourgeoisie marseillaise le 7 mai 1921, contraint d'arrêter ses études après le brevet, Rébuffat eut sans doute été voué à une carrière « dans les bureaux », s'il n'y avait eu avec ses camarades de l'œuvre Joseph-Allemand, association de jeunesse, la découverte d'un merveilleux terrain de jeu : la Sainte-Baume, la Sainte-Victoire et les Calanques. Les Calanques où, à quinze ans, celui qui « sait », Henri Moulin, son aîné de huit ans à peine mais qui lui paraît détenir la science infuse, révèle à Rébuffat l'escalade et ce qu'est une cordée, un dimanche d'avril à la Grande-Candelle (454 m d'altitude). Si Rébuffat a rendu hommage à la bonne dizaine de grimpeurs avec lesquels il devait effectuer son apprentissage, c'est bien son ami Moulin qui allait le conduire vers ses premières courses, en Oisans, puis dans le massif du Mont-Blanc.

Cette barre des Écrins, approchée un an plus tôt et qui sera « sa toute première course » à dix-sept ans, ce massif du Mont-Blanc entrevu durant l'été de 1936 au long d'une randonnée de Chamonix à Briançon avec des camarades vont devenir son domaine. Au Montenvers, en 1941, Jeunesse et Montagne, chantier dans l'esprit du temps, constitue pour lui une étape décisive. Au centre école des Frasserands, comme aux « écoles d'escalade » des falaises calcaires du Roseland, ce faux nonchalant va révéler des qualités ainsi qu'une ambition surprenantes. C'est au Roseland qu'il se lie d'amitié avec Lionel Terray, lequel, dans ses Conquérants de l'inutile (1961), a fait revivre fidèlement ces années 1941-1944. D'un stage de chef de cordée à La Cha [...]

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Écrit par :

  • : écrivain, directeur du Musée du sport français, membre de l'Académie internationale olympique

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  • Écrit par 
  • Hervé LE GOFF
  •  • 781 mots

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Pour citer l’article

Jean DURRY, « RÉBUFFAT GASTON - (1921-1985) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gaston-rebuffat/