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MARIE PIERRE (1853-1940)

Neurologue français, qui aborde la médecine après des études de droit. Il devient interne des hôpitaux en 1878 ; son maître Charcot fait de lui son chef de clinique et de laboratoire ainsi que son secrétaire. Agrégé de la faculté de Paris (1889), Pierre Marie crée à l'hospice de Bicêtre le service de neurologie qu'il rendra célèbre. En 1907, il succède à Charcot dans la chaire d'anatomie pathologique, qu'il transmettra plus tard à son élève Gustave Roussy, et rénove les méthodes d'enseignement de cette discipline jusqu'alors peu appréciée des élèves. En 1918, il occupe, après Déjerine, la chaire de clinique neurologique de la Salpêtrière et illustre ses cours par la projection des milliers de photographies de ses malades de Bicêtre. En 1925, il quitte discrètement son service et son enseignement après avoir formé des étudiants venus du monde entier.

Son œuvre couvre tout le domaine neurologique, qu'il a enrichi à l'aide d'une méthode scientifique rigoureuse. En 1886, il décrit, avec son maître, l'amyotrophie type Charcot-Marie ; la même année, il individualise l'acromégalie, puis, plus tard, l'ostéo-arthropathie hypertrophiante pneumique (1890), l'hérédo-ataxie cérébelleuse (1893), la dysostose cléido-crânienne héréditaire (1897) et la spondylose rhizomélique (1898). Il révise les notions établies par Broca sur l'aphasie et publie, en 1906, trois articles qui ont un retentissement mondial. Contesté par Déjerine et par Grasset, il assiste aux trois séances consacrées, en 1908, par la Société de neurologie aux problèmes de l'aphasie, et ce sont ses thèses qui sont adoptées. Il a démontré l'origine infectieuse de certaines maladies du système nerveux (sclérose en plaques, épilepsie, hémiplégie, paralysie infantile) et fut aussi l'un des premiers à décrire la pathologie olivaire. Il a publié notamment Leçons sur les maladies de la moelle épinière (1892), Leçons de clinique médicale (1896) et fondé la Revue neurologique.

— Jacqueline BROSSOLLET

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ENDOCRINOLOGIE

    • Écrit par Jacques DECOURT
    • 3 852 mots
    ...imaginaient plutôt l'intervention de substances nocives élaborées par la glande ou non neutralisées par elle. Une telle conception était encore celle de Pierre Marie quand il décrivit l'acromégalie en 1885. Au début du xxe siècle, la maladie de Basedow était toujours considérée comme une « dysthyroïdie...

Voir aussi