PIERRE II (1825-1891) empereur du Brésil (1831-1889)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Prince de la famille de Bragance, le futur Pierre II a régné sur le Brésil si longtemps (1840-1889) qu'il est identifié à un demi-siècle d'histoire nationale. L'Empire brésilien est né, sans heurt, à la différence des autres États américains. Le pouvoir cependant y est mal enraciné et n'a d'autre appui que l'armée. Il est sous la menace constante d'un coup d'État militaire ou d'une sécession des provinces périphériques.

Pierre Ier était parti en 1831 pour le Portugal, abandonnant l'Empire à un conseil de régence. En 1840, Pierre II a quinze ans ; il essaie alors de reprendre le rôle d'arbitre qui avait été celui de son père, dans la lutte à laquelle se livraient les partis conservateur et libéral. Une série d'événements favorisent cette politique : les guerres civiles (1845, sécession du rio Grande do Sul ; 1848, révolution urbaine du Nordeste) aboutissent à renforcer le poids de l'armée et l'autorité de la couronne. Tandis que les conflits politiques s'atténuent, le centre du pays se lance dans la culture du café et le Sud se développe. Les guerres qui, de 1851 à 1870, opposent le Brésil à ses voisins du Sud (Paraguay, Uruguay, Argentine) manifestent la vigueur du Brésil impérial. Tout cela, ajouté à une stabilité politique unique en Amérique du Sud, accroît le prestige de l'Empire. L'empereur lui-même est un homme intelligent et cultivé ; il correspond avec Renan et Victor Hugo et reçoit, de ce dernier, le surnom de « petit-fils de Marc Aurèle ».

Après 1870, les difficultés vont croissant. L'armée brésilienne victorieuse contre le Paraguay s'oppose aux libéraux et à l'empereur ; elle commence à agir pour son propre compte et engendre un républicanisme militaire, corporatiste et positiviste. Un conflit idéologique, dans lequel l'empereur franc-maçon et régalien affronte une Église ultramontaine (1871-1875), affaiblit le pouvoir. La ruine de l'ordre socio-économique traditionnel pose le problème de l'esclavage (1871-1888) et vaut la haine des planteurs à l'empereur abolitionniste. Profitant de ce qu'il voyage en Europe, l'armée le renverse en 1889 et proclame la République sans rencontrer aucune résistance. Les élites n'ont plus besoin de l'Empire, les masses populaires garderont longtemps la nostalgie du monarque.

—  Jean MEYER

Écrit par :

  • : professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de Rennes

Classification


Autres références

«  PIERRE II (1825-1891) empereur du Brésil (1831-1889)  » est également traité dans :

BRÉSIL - La conquête de l'indépendance nationale

  • Écrit par 
  • Frédéric MAURO
  •  • 6 209 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Deux grands empereurs »  : […] Pedro II était mineur. La régence dura jusqu'en 1840. L'abdication avait eu pour cause décisive la révolte de l'armée, qui déchaîna le désordre un peu partout. La Regencia Permanente Trina, c'est-à-dire le triumvirat chargé de gouverner pour l'empereur, dut réprimer des révoltes à Bahia, dans le Pernambouc, dans le Minas, au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bresil-la-conquete-de-l-independance-nationale/#i_37590

Pour citer l’article

Jean MEYER, « PIERRE II (1825-1891) - empereur du Brésil (1831-1889) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-ii-1825-1891-empereur-du-bresil-1831-1889/