ROQUES PIERRE AUGUSTE (1856-1920)

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Officier et aviateur français, Pierre Auguste Roques est connu pour avoir fondé et organisé l’aéronautique militaire en France.

Pierre Auguste Roques

Photographie : Pierre Auguste Roques

Ministre de la Guerre en 1916, le général Roques (1856-1920) a été à l'affût de la moindre innovation. L'aéroplane lui a certainement offert la plus audacieuse puisque l'on doit à cet homme ouvert sur le futur la création de l'arme aérienne. C'est aussi à son initiative que les... 

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Pierre Auguste Roques est né le 28 décembre 1856 à Marseillan, dans l’Hérault. Il intègre l’École polytechnique et opte pour le génie miliaire. Jeune officier en 1880, il fera carrière dans les colonies. Promu lieutenant-colonel en 1898, il accède au grade de colonel en 1901. En 1906, il succède au général Joffre et s’impose comme directeur du génie au ministère de la Guerre. Il se consacre, en véritable visionnaire, à l’aéronautique militaire et travaille notamment à l’Établissement central d’aérostation militaire de Chalais-Meudon (fondé en 1878 par le colonel Charles Renard) qui est un véritable creuset d’idées pour l’aérostation et l’aviation à venir.

En 1909, Pierre Auguste Roques envoie une commission à Reims afin d’y suivre les différentes phases de la grande semaine d’aviation de Champagne, organisée du 22 au 29 août et où se produisent, parmi les plus illustres pionniers de l’époque, Louis Blériot (1872-1936), Glenn Curtiss (1878-1930), Henri Farman (1874-1958) ou encore Louis Paulhan (1883-1963). Il s’agit aussi de sélectionner les meilleurs appareils, en vue de leur achat, et d’en évaluer les possibilités militaires. Depuis la traversée historique de la Manche par Blériot, le 25 juillet de cette même année, l’armée commence à entrevoir le rôle que pourrait jouer l’aviation dans les conflits armés.

Gagné depuis longtemps à la cause aérienne, Pierre Auguste Roques, qui sera promu général de division à la fin de 1909, s’emploie à accélérer l’introduction de l’aéroplane dans de nouvelles stratégies militaires. Après avoir pris connaissance des remarques enthousiastes et des recommandations de la commission envoyée à Reims, il fait acheter en septembre 1909 cinq appareils (deux biplans Farman, deux biplans Wright et un Blériot), destinés au génie. À la même époque, des officiers d’artillerie, qui ont également assisté au meeting de Reims et n’ont pas manqué d’évaluer le potentiel militaire des machines volantes, en réclament à leur tour. Ils vont obtenir, par le biais du lieutenant-colonel Jean-Baptiste Estienne, chef de l’établissement d’aviation militaire de Vincennes tout juste fondé (30 juillet 1910), deux Farman et deux Antoinette.

La rivalité entre le génie et l’artillerie rend difficile la naissance de l’aviation militaire française. L’artillerie souhaite trouver un successeur au ballon d’observation et voit dans l’aéroplane une plate forme idéale, tandis que le génie s’intéresse plutôt aux divers aspects de la navigation aérienne. Ces deux orientations finiront par se compléter. En attendant, dix officiers passent le brevet de pilote civil dès 1910. Afin d’étouffer le différend entre artillerie et génie, le décret du 22 octobre 1910 place tous les services de l’aérostation et de l’aviation sous l’autorité d’un officier général, nommé inspecteur permanent de l’aéronautique militaire. Le poste revient au général Roques qui, en novembre 1910, convainc le ministre de la Guerre de lancer un concours d’aéroplanes militaires afin de susciter l’adaptation des appareils aux missions militaires. Les épreuves de ce concours se déroulent à Montcornet, dans l’Aisne, du 8 octobre au 28 novembre 1911, et consacrent, dans l’ordre, le Nieuport-Gnome 100 chevaux, le Breguet-Gnome 140 chevaux et le Deperdussin-Gnome 100 chevaux. Outre la création du brevet de pilote militaire, l’année 1911 se singularise également par une initiative très remarquée : le 29 novembre, le général Roques décide que tout appareil réceptionné par l’armée sera dorénavant appelé « avion » pour honorer Clément Ader (1841-1925), à l’origine de ce mot.

En 1912, le général Roques propose une loi qui définit les structures de l’aéronautique militaire française. Engagé dans la Grande Guerre, il est appelé en mars 1916 par Aristide Briand au poste de ministre de la Guerre, qu’il occupera jusqu’en décembre. Il retourne ensuite au front puis continue son ascension. Après l’armistice, il est nommé président du Comité technique du génie. Pierre Auguste Roques se retire en 1919 à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine, où il s’éteint le 26 février 1920. Il est inhumé à Marseillan, puis sera transféré aux Invalides.

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Écrit par :

  • : historien de l'aviation, membre de l'Académie de l'air et de l'espace

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Bernard MARCK, « ROQUES PIERRE AUGUSTE - (1856-1920) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-auguste-roques/