PHYSIONOTRACE

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Un des appareils qui précédèrent l'invention de la photographie. L'utilisation qu'en fit la société de l'Ancien Régime finissant révèle combien celle-ci était désireuse de populariser les images et particulièrement les portraits en les reproduisant mécaniquement. Cet appareil rudimentaire est composé d'un viseur sans objectif et d'un système de barres parallèles articulées (inspirées du pantographe) reliées à un stylet grâce auquel un dessinateur pouvait reproduire assez exactement les contours du profil d'un modèle se tenant devant lui. On obtenait alors un dessin grandeur nature ; le client recevait quelques jours après une douzaine d'épreuves et une petite plaque où le portrait était gravé à l'eau-forte, ce qui lui permettait de tirer jusqu'à deux mille reproductions. L'inventeur du système était Gilles-Louis Chrétien, né en 1754 à Versailles, fils d'un musicien du roi, et qui voulait faire fortune dans la gravure (il avait donc choisi d'être portraitiste). La quantité considérable de portraits d'apparat bon marché qu'il devait faire pour une clientèle de plus en plus large l'incita à chercher les moyens de mécaniser sa production. Il s'associa à son concurrent, Quennedey, puis s'installa au Palais-Royal. Son système connut une vogue immense de 1787, date de l'invention, jusque vers 1830.

Ce procédé nous a laissé des milliers de portraits, malheureusement assez inexpressifs et sans grande valeur artistique, de la société sous la Révolution française, de la famille royale aux Conventionnels, Bailly, Marat, Pétion, Robespierre. Au Salon de 1796, six cents physionotraces étaient exposés. R. Hennequin, l'historien de Quennedey, a catalogué huit cent cinquante portraits pour la première année (1788-1789).

—  Michel MELOT

Écrit par :

  • : directeur de la bibliothèque publique d'information, Centre Georges-Pompidou

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GRAVURE

  • Écrit par 
  • Barthélémy JOBERT, 
  • Michel MELOT
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Dans le chapitre « Fonction sociale de la gravure »  : […] Les procédés mécaniques qui entrent dans sa production n'ont jamais altéré le caractère magique de l' image. Son succès vient de ce qu'elle pouvait satisfaire, à l'échelle sociale, les différents besoins de représentation de la vie mythique. Cette fonction apparaît dès les premières xylographies, essentiellement des crucifix et des images pieuses, qui protégeaient leurs posse […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gravure/#i_23247

Pour citer l’article

Michel MELOT, « PHYSIONOTRACE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/physionotrace/