PHAM VAN DÔNG (1906-2000)

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Celui que Hô Chi Minh appelait son autre moi est né le 18 mars 1906 dans la province de Quang Nai (au centre du Vietnam, sur la mer de Chine). Issu d'une famille de mandarins (son père était le secrétaire privé de l'empereur Duy Tan), il effectue ses études secondaires à Huê, où il a pour condisciple Vo Nguyên Giap et Ngê Dinh Diem, puis à Hanoi.

Ayant adhéré à la Ligue révolutionnaire de la jeunesse (Thanh Nien), souche du futur Parti communiste indochinois (P.C.I.), Dong rejoint en Chine Hô Chi Minh qui y a constitué un noyau dur d'activistes. Avec d'autres militants, il intègre l'Académie militaire de Whampoa, une expérience importante pour celui qui sera l'un des vice-présidents du Comité national de défense. Rentré au pays en 1926, il enseigne l'histoire et organise les premières cellules d'agitation. Dénoncé par un ancien révolutionnaire, il est condamné en juillet 1930 lors du procès contre le Thanh Nien. Détenu pendant six ans au bagne de Poulo-Condore, il a pour compagnon de cellule Lê Duc Tho. Au sein du camp, il est l'un des principaux animateurs d'une école de formation communiste et de la revue clandestine Tien Lien (« En avant »). Libéré conditionnel le 13 juillet 1936 par le Front populaire, il est assigné à résidence dans son village natal de Thi Pho Nhut, et reprend ses activités de journaliste ; il anime la revue La Volonté indochinoise et participe à la direction du Front démocratique défini par le VIIe congrès de l'Internationale communiste de 1935. Sous la perpétuelle menace d'un nouvel internement alors que le P.C.I. retourne dans la clandestinité, il se réfugie, en 1939, à la frontière du Guangxi.

Pham Van Dong, 1977

Photographie : Pham Van Dong, 1977

Pham Van Dong, Premier ministre de la République socialiste du Vietnam de 1955 à 1986. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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En mai 1941, il participe à la conférence de Pac Bô qui fonde la Ligue pour l'indépendance du Vietnam, le Viêt Minh, qu'il dirige pendant que Hô est captif des nationalistes chinois (1942-1943). Après la capitulation nippone et la formation d'un gouvernement provisoire avec Hô Chi Minh à sa tête, il devient, en 1945, ministre des Finances de la République démocratique du Vietnam (R.D.V.) proclamée le 2 septembre. À partir de ce moment, Pham montre son talent d'administrateur et de négociateur. À la recherche d'une entente avec les Français, Hô lui confie le soin de conduire la délégation vietnamienne à la conférence de Fontainebleau (juin-août 1946). Après l'échec des négociations, la péninsule s'installe dans la guerre et Pham dans le Viet Bac (zones montagneuses du Nord-Ouest). En avril 1954, il devient président de la Commission de la réforme agraire, chargée de la collectivisation des terres puis, en juillet, il dirige la délégation de la R.D.V. lors des négociations de Genève.

Il succède à Hô Chi Minh comme chef du gouvernement en septembre 1955, responsabilité qu'il exercera pendant trente-deux ans, tout en restant jusqu'en 1963 en charge de la diplomatie. Pendant les années de guerre, il veillera à ne jamais s'aligner totalement ni sur la Chine, ni sur l'U.R.S.S. Après la mort de Hô (1969), son influence s'amenuise alors que grandit celle de Lê Duan, le secrétaire général du P.C. Toutefois, au lendemain de la réunification, il est reconduit comme Premier ministre (2 juillet 1976).

Au cours d'une tournée diplomatique de six semaines dans chacune des capitales des pays de l'A.S.E.A.N., il tente, à l'automne de 1978, de normaliser les relations bilatérales avec tous. Cette entreprise de charme n'a guère plus de succès que sa visite, l'année précédente, en Europe. Cette tentative d'ouverture vers l'Ouest n'a aucune suite jusqu'à la résolution du conflit cambodgien. En février 1979, sa visite à Phnom Penh consacre les nouvelles relations avec la république populaire du Kampuchéa. Mais cette politique enferme la république socialiste du Vietnam dans son alliance avec le bloc soviétique. Dans ce contexte difficile, il avoue à un journaliste américain, en 1981, que conduire la guerre est simple et gérer un pays plus difficile.

En décembre 1986, peu après le lancement de la politique de renouveau (doi moi), il renonce à ses fonctions à la tête du parti puis de l'État pour raisons de santé et d'âge. Devenu conseiller du comité central et diminué par sa cécité, il se fait rare. Hasard de la vie, Pham disparaît à la veille (29 avril) du vingt-cinquième anniversaire de la chute de Saigon.

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  • : enseignant à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Christian LECHERVY, « PHAM VAN DÔNG (1906-2000) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pham-van-dong/