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LÊ DUAN (1907-1986)

Secrétaire général du Parti communiste vietnamien à partir de 1960 et numéro un de la hiérarchie politique à Hanoi après la mort de Hô Chi Minh en 1969, Lê Duan est décédé le 10 juillet 1986. Il aura été sans doute l'artisan principal de la réunification de son pays.

Fils d'un charpentier rural, il est né le 7 avril 1907 dans la province de Quang Tri (Centre Vietnam). À sa sortie du collège, il entre comme commis dans la Compagnie des chemins de fer indochinois et, dès 1928, il adhère à l'Association de la jeunesse révolutionnaire du Vietnam (Thanh Nien) qu'avait fondée, en 1925 à Canton, Nguyen Ai Quoc (le futur Hô Chi Minh). Il sera en 1930 un des premiers membres du Parti communiste indochinois. Bientôt responsable de la propagande et de la formation des cadres au comité du parti pour le Tonkin (Bac Ky), il est arrêté en 1931 à Haiphong par la sûreté française et condamné à vingt ans de réclusion. Il purge sa peine dans les prisons de Hanoi et de Sonla d'abord, puis au bagne de Poulo Condore, où il organise des cours politiques pour les détenus. En octobre 1936, il bénéficie de l'amnistie décrétée par le gouvernement de Front populaire et, aussitôt libéré, il va travailler en Annam à la formation du Front démocratique indochinois. Dès 1937, il est secrétaire du comité du parti pour l'Annam (Trang Ky), où il va militer jusqu'en 1939. En septembre 1939, les autorités françaises interdisent de nouveau le Parti communiste et ses activités. Lê Duan, promu au bureau permanent du comité central, préside en novembre 1939 avec Nguyen Van Cu, secrétaire général du parti (P.C.I.), le VIe plénum qui décide la création du Front uni anti-impérialiste des peuples indochinois, mais, arrêté de nouveau en 1940, il est condamné à dix ans de prison et déporté, pour la seconde fois, à Poulo Condore.

Il en sort en septembre 1945, à la capitulation du Japon, et s'engage immédiatement dans la résistance au retour des Français. À la fin de 1946, après un séjour à Hanoi, il figure parmi les dirigeants du Viêt-minh en Cochinchine (Nambô), d'abord comme commissaire politique de la VIe zone, puis comme secrétaire du comité régional. En février 1951, au IIe congrès national du parti – qui prend alors le nom de Parti des travailleurs (Lao Dong) –, il accède au comité central et remplace Nguyen Binh à la tête de la résistance dans le Sud.

Après la signature des accords de Genève (juill. 1954), il reste dans le Sud pour y diriger, dans une clandestinité de plus en plus dangereuse, les activités communistes. À la fin de 1956, il élabore et diffuse un document important, La Voie de la révolution dans le Sud, où il définit une stratégie à long terme pour « libérer le Sud et unifier la patrie ».

Il gagne le Nord au début de 1957 et le comité central lui confie alors la direction des affaires du parti auprès de Hô Chi Minh, qui a assumé depuis novembre 1956 les fonctions de secrétaire général. Il entre au bureau politique et accompagne le président à Moscou, où il participe à la conférence des partis communistes. À la fin de 1958, Lê Duan revient clandestinement en mission au Sud, où couve la révolte contre le régime diemiste. Il est à l'origine de la décision du parti (mai 1959) de reprendre la lutte armée dans le Sud, et définit la stratégie à utiliser pour la combiner avec l'action politique. Au IIIe congrès du parti, en septembre 1960, où il présente un important rapport, il est nommé premier secrétaire du comité central, fonction qu'il assumera vingt-six ans durant, jusqu'à sa mort. Il définit alors les « tâches stratégiques du parti » : consolider le Nord et en faire un pays socialiste, achever dans le Sud « la révolution nationale démocratique » en y renversant le pouvoir diemiste, et tendre ainsi vers la réunification. En décembre 1960 est créé le Front[...]

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Écrit par

  • : docteur ès lettres (histoire), historien, professeur (relations internationales)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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