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SALINAS PEDRO (1891-1951)

« Regarder l'invisible... »

La première étape de l'itinéraire poétique de Salinas est marquée par la publication de trois livres : Présages (Presagios, 1923), Hasard certain (Seguro azar, 1929), Fable et signe (Fábula y signo, 1931). Les titres sont significatifs : il s'agit de découvrir, d'un mouvement conjoint du cœur, de l'imagination et de l'intelligence, dans l'intimité des choses, des paysages, des villes, des êtres, des saisons, des éléments, une identité mystérieuse et frémissante, la promesse d'une vie plus ardente, l'ébauche d'une conscience, l'annonce d'un destin. Voici comment, dans son premier recueil, le poète interroge l'eau : « Eau dans la nuit, serpent indécis, / sifflement mineur et route ignorée ; / quel jour neige, quel jour mer ? Dis-moi. / Quel jour nuage, écho / de toi et cours asséché ? / Dis-moi. » « Salinas est toujours, écrit Guillén, en relation d'amour ou d'amitié avec les choses ou les gens, toujours disposé à découvrir en eux leur valeur, leur transcendance, leur sens. Ce sens vital ne s'entend et ne se ressent que s'il est solidement fondé et établi en une matière concrète. » Dès ces trois premiers livres, la langue est dépouillée ; le ton, toujours celui de la ferveur, fait penser à Juan Ramón Jiménez. Salinas est proche aussi de Proust, dont il fut le traducteur et dont la manière semble avoir inspiré les proses poétiques de Vêpres de la joie (Víspera del gozo, 1926).

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Écrit par

  • : professeur émérite des Universités, membre correspondant de la Real Academia Española

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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