PARANOÏA (histoire du concept)

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La structure paranoïaque des délires

Ce rétrécissement du cadre de la paranoïa va permettre d'étendre celui de la démence précoce qui, devenue avec E. Bleuler la « schizophrénie », englobe finalement presque toutes les psychoses chroniques. L'école française s'oppose, cependant, à cette évolution nosographique constatée en Allemagne et dans les pays anglo-saxons. Sous l'influence de H. Claude puis de H. Ey, les délires chroniques restent isolés de la démence précoce. Ils se regroupent selon leur organisation, leur construction, leur structure, en trois grandes catégories : délires à structure paranoïde (délires incohérents, non systématisés, les plus proches des formes délirantes de la schizophrénie que sont les démences paranoïdes) ; délires à structure paraphrénique (délires fantastiques dont la prolifération, quoique encore très chaotique et d'inspiration diverse, s'organise un peu, comme en architecture, le « palais idéal » du facteur Cheval) ; délires à structure paranoïaque, qui se « caractérisent par le développement systématique et cohérent d'un drame persécutif, l'argumentation irréductible, lucide, pénétrable et même contagieuse, la tonalité affective et agressive fondamentale, l'absence d'affaiblissement psychique notable. Ces délires regroupent, hallucinatoires ou non, les délires passionnels, les délires d'interprétation, certains délires d'influence » (H. Nodet). Cette spécificité structurale de la paranoïa va donc en sous-tendre les manifestations cliniques.

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Jacques POSTEL, « PARANOÏA (histoire du concept) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/paranoia-histoire-du-concept/