FAHLSTRÖM ÖYVIND (1928-1976)

Né à S ao Paulo de parents suédois et norvégien, revenu en Suède en 1939 et redevenu suédois en 1947, Fahlström ne peut être considéré seulement ni comme un peintre ni comme un Suédois. Enclin par nature et par expérience à l'universalité, il fut l'un des rares esprits encyclopédiques du xxe siècle. De 1961 à sa mort, il a vécu, comme Marcel Duchamp, entre New York et l'Europe, échappant du même coup à la confiscation de son œuvre par une politique culturelle nationale.

Ayant étudié l'histoire de l'art et de l'archéologie à la faculté des lettres et des sciences humaines de Stockholm de 1949 à 1952, il s'est d'abord consacré au journalisme et à la critique jusqu'en 1955, mais son premier tableau, Opéra, date de 1952. Passionné de géographie, il considérait certaines de ses œuvres comme des « mappemondes ». Sa connaissance de l'histoire et de l'économie mondiales lui a permis d'incorporer à ses recherches picturales des données politiques et culturelles, qu'il réinterprétait selon l'optique révolutionnaire d'un ennemi du capitalisme et des sociétés bureaucratiques. Identifiant ses œuvres à des « jeux », il souhaitait que le spectateur puisse les « manipuler » librement. Intéressé par la bande dessinée et la science-fiction, dont il isolait certains éléments, il les agençait de telle manière sur ses toiles qu'ils en deviennent méconnaissables, sinon « impénétrables ».

Dans Ade-Ledic-Nander I et II (1954 et 1955-1957), il organise ses « figures-signes » selon des lois de composition qui ne tiennent compte d'aucune règle connue, et il pratique l'art du « détournement » qui fut recommandé aussi par les Situationnistes. Dès les années cinquante, ses tableaux sont donc inassimilables par la critique d'art, alors obnubilée par le tachisme et l'art informel. Chacun de ses ensembles d'« individus-formes-signes » constitue une société imaginaire, analogue sur le plan visuel aux peuples rêvés par Henri Michaux dans Le Voyage en Grande Garabagne. Cette invention répond au désir de « pe [...]


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  • Écrit par 
  • Bertrand ROUGÉ
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Dans le chapitre « Les développements européens du pop art »  : […] de masse, comme chez Wolf Vostell ou Erró et, de façon plus évidente encore, dans les œuvres d'Öyvind Fahlström qui sont un commentaire de la politique mondiale (World Politics Monopoly, 1970, collection privée). L'inspiration purement pop décline en Europe à la fin des années soixante, alors qu'à la même époque le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pop-art/#i_92660

Pour citer l’article

Alain JOUFFROY, « FAHLSTRÖM ÖYVIND - (1928-1976) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/oyvind-fahlstrom/