BESANCENOT OLIVIER (1974- )

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Olivier Besancenot est né à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) le 18 avril 1974, d'une mère psychologue scolaire et d'un père enseignant de collège. Après une licence d'histoire obtenue à l'université de Paris X-Nanterre, il devient facteur à Neuilly-sur-Seine en 1997. Rendu depuis lors célèbre sous la dénomination de « facteur-candidat », les observateurs de la vie politique le dépeignent souvent sur le mode d'un jeune homme qui a su rajeunir l'image et raffermir la position d'une organisation trotskiste née dans la seconde moitié des années 1960 : la Ligue communiste révolutionnaire (L.C.R.), qui avait jusque-là été fragilisée par de multiples scissions (Xavier Crettiez et Isabelle Sommier, La France rebelle, 2002).

Contrairement à cette représentation du « prétendant » nouvellement entré en politique, la carrière militante d'Olivier Besancenot est déjà longue, à tel point qu'il ne peut pas être considéré comme un novice. Et son existence mêle constamment et très étroitement vie sociale et engagement militant. Ses premières armes, il les fait, alors qu'il est encore étudiant, au côté de S.O.S.-Racisme et avec les Jeunesses communistes révolutionnaires (J.C.R.), dont il accède au bureau national en 1988. À peine devient-il facteur en 1997 qu'il adhère à S.U.D.-P.T.T.

Dès 1991, il était entré à la L.C.R., qui allait alors être pour lui un formidable ascenseur politique. Sa fulgurante promotion va s'y jouer en quelques années : en 1996, il est élu à la direction nationale de la Ligue, avant de devenir membre de son bureau politique en 1999, puis de conquérir le poste d'un de ses trois porte-parole. Attaché parlementaire d'Alain Krivine au Parlement européen en 1999-2000, il est le plus jeune candidat à l'élection présidentielle en 2002. Un titre que ne lui ravit toujours aucun des autres concurrents en lice en 2007. Son engagement politique, il le signe avec des mots, notamment Révolution : cent mots pour changer le monde, publié en 2003, et Nouveaux Défis pour la gauche radicale : émancipation et individualité, écrit en 2004 en collaboration avec Antoine Artous et Philippe Corcuff. Son projet ? « Proposer une politique pour remettre ce monde à l'endroit ». Ses priorités ? L'augmentation générale des salaires, l'interdiction aux sociétés qui s'enrichissent de licencier, la taxation des gains et des capitaux spéculatifs.

Avant de descendre dans l'arène électorale, Olivier Besancenot a commencé par façonner son « éligibilité » en apportant son soutien aux multiples mobilisations étudiantes, syndicales, antiracistes, féministes et mouvements des « sans » qui ont émergé au cours des années 1990-2000 en France : une stratégie de la Ligue au demeurant pas vraiment nouvelle, cette formation trotskiste faisant figure, selon Philippe Raynaud dans L'Extrême Gauche plurielle. Entre démocratie radicale et révolution (2006), d'aiguillon et de « supplément d'âme des mouvements sociaux » depuis les événements de Mai-68. La « réussite électorale » de la L.C.R. demeure toutefois très relative. À ce jour, elle ne compte que deux députés européens et deux conseillers régionaux. En 2002, son « succès » a tenu au fait que, pour la première fois, un candidat de la L.C.R. approchait les 5 p. 100 à une présidentielle. Entre-temps, tête de liste L.O.-L.C.R. en Île-de-France lors des élections européennes de 2004, Olivier Besancenot n'a pu recueillir que 2,78 p. 100 des suffrages, ce qui ne lui a pas permis d'obtenir de siège. Un mauvais score certes contrebalancé par l'issue du référendum rejetant le traité établissant une Constitution pour l'Europe pour lequel Olivier Besancenot avait appelé à voter non. En 2006, soucieux de défendre la « pureté » et l'unité de la Ligue, peut-être aussi désappointé par l'échec de son rapprochement avec Lutte ouvrière (L.O.) en 2004, Olivier Besancenot décide de ne pas souscrire au mouvement de rassemblement antilibéral qui s'esquisse. Le 25 juin 2006, il se déclare candidat à l'élection présidentielle. À l'issue du premier tour, le 22 avril 2007, il remporte 4,08 p. 100 des suffrages exprimés, un résultat en léger recul par rapport au pourcentage qu'il avait obtenu en 2002 (4,25 p. 100) mais en nette progression en termes de nombre de voix, qui passent de 1 210 562 à 1 498 581 (soit aussi plus du triple des voix recueillies par la candidate L.O., Arlette Laguiller).

Olivier Besancenot défend ensuite la ligne adoptée à l'issue de [...]

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  • : maître de conférences en science politique à l'université de Paris-X-Nanterre, membre du Groupe d'analyse politique

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14 octobre - 24 novembre 2008 France. Polémique autour du pistolet Taser

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Hormis Olivier Besancenot, de la Ligue communiste révolutionnaire, qui, avec 4,08 p. 100 des suffrages, maintient son score par rapport à celui qu'il avait obtenu en 2002 (— 0,17 p. 100), les candidats des formations de gauche enregistrent tous des résultats en baisse, victimes du réflexe du « vote utile » en faveur de Ségolène Royal: Marie-George Buffet, du Parti communiste français, 1,93 p. […] Lire la suite

22-31 janvier 2007 France. Retrait de la candidature de Nicolas Hulot à l'élection présidentielle

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Pour citer l’article

Éric PHÉLIPPEAU, « BESANCENOT OLIVIER (1974- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/olivier-besancenot/