NÉMÉSIS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Comme bien d'autres abstractions divinisées, Némésis est fille de la Nuit (Nyx). Pour échapper à l'étreinte de Zeus, elle prend mille formes diverses et finit par se changer en oie. Zeus alors devient cygne et s'unit à elle. Elle pond un œuf d'où, grâce aux soins de Léda, sortiront Hélène et les Dioscures. Némésis personnifie la vengeance divine, celle qui s'abat sur les mortels trop heureux et qui se réjouissent de l'être. Elle est la gardienne des conditions, qui se charge de rappeler brutalement à chacun sa place dans un ordre de l'Univers que toute démesure (Hybris) met en péril : ainsi Crésus qu'elle incite à combattre contre Cyrus, pour sa perte. Son sanctuaire principal est à Rhamnonte, non loin de Marathon. Phidias y sculpta sa statue dans un bloc de marbre que les Perses, présomptueux, avaient emporté avec eux pour célébrer leur victoire sur Athènes. Rien de plus grec que cette déesse et que cette abstraction, même si son culte ne fut jamais très répandu : « On peut [en effet] à bon escient se demander si la conception d'Hybris et de Némésis mérite vraiment d'être qualifiée de religieuse. C'était une sagesse inculquée par la vie même, composée de l'expérience de l'intermittence du bonheur, du cycle des destins humains, de la croyance très forte dans la justice rétributive, et aussi d'une bonne proportion de fatalisme. » (M. P. Nilsson.)

La Grande Fortune

La Grande Fortune

photographie

Albrecht Dürer, La Grande Fortune (ou Némesis), vers 1501-1502, burin, 33 cm X 23 cm. Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg, Russie. 

Crédits : Bridgeman Images

Afficher

—  Robert DAVREU

Écrit par :

  • : enseignant en littérature générale et comparée à l'université de Paris-VIII, poète et traducteur

Classification


Autres références

«  NÉMÉSIS  » est également traité dans :

AGORACRITOS DE PAROS (actif dernier tiers Ve s. av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Bernard HOLTZMANN
  •  • 1 211 mots

Sculpteur grec, disciple de Phidias, Agoracritos de Paros est actif durant le dernier tiers du ~ v e siècle. Trois de ses œuvres sont connues par les sources antiques : un groupe en bronze d'Athéna Itonia et d'Hadès à Coronée, en Béotie (Pausanias, Description de la Grèce , IX, xxxiv , 1) ; une stat […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/agoracritos-de-paros/#i_8878

ESCHYLE (env. 525-456 av. J.-C.)

  • Écrit par 
  • Jacqueline de ROMILLY
  •  • 4 654 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La justice »  : […] Eschyle croit à la justice divine. Et en particulier lorsqu'il s'agit de fautes mettant en cause soit le respect des dieux soit la vie des humains. Ses vers résonnent un peu partout du nom des Érinyes, les déesses vengeresses attachées à poursuivre le crime. Et à chaque instant il répète que toute faute est un jour châtiée. « Nul rempart ne sauvera celui qui, enivré de sa richesse, a renversé l'au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eschyle/#i_8878

Pour citer l’article

Robert DAVREU, « NÉMÉSIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nemesis/