MUR DES FERMIERS GÉNÉRAUX

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Depuis la fin de la guerre de Cent Ans, les Parisiens étaient exemptés de l'impôt direct : la taille. Ces conditions avantageuses étaient destinées à attirer de nouveaux habitants vers la capitale ravagée et dépeuplée. En revanche, la royauté institua un impôt indirect (ou aide) sur la plupart des marchandises entrant dans Paris, et ces taxes augmentèrent au fur et à mesure que croissaient les besoins du Trésor. Les plus élevées et les plus détestées de ces taxes frappaient le vin, breuvage dont les Parisiens faisaient une consommation considérable puisque, si l'on retient le chiffre élevé de 650 000 habitants dans les années 1780, on obtient une moyenne annuelle de plus de cent litres par tête. Pour échapper à ces droits qui doublaient le prix du vin, la contrebande sévissait sur une grande échelle ; les fraudeurs avaient inventé toutes sortes de moyens dont le plus original était l'emploi de larges tuyaux enterrés qui permettaient de faire passer les barriques sous la barrière de l'octroi. Cette barrière, enfermant depuis le début du siècle les vingt quartiers de Paris, s'avérait à la fois trop étroite et trop perméable. Aussi la construction d'une nouvelle enceinte aux allures de fortification fut-elle entreprise en 1786. Le mur des Fermiers généraux, long de vingt-trois kilomètres, englobait les nouveaux quartiers de l'ouest et les anciens faubourgs, encore partiellement champêtres, et où prospéraient les auberges et guinguettes. Ces établissements vendaient du « vin à 3 sous », frelaté et de mauvaise qualité. La construction du nouveau mur fut donc très mal accueillie de la population et encore plus des vignerons ; les marchands de vin fomentèrent une émeute aux barrières en juillet 1789. La Constituante aurait bien volontiers maintenu les taxes qui étaient d'un bon rapport. Elles furent néanmoins abolies en 1791 devant l'opposition populaire et rétablies seulement en 1798. Le mur des Fermiers généraux ne disparut qu'en 1860 avec une partie du vieux Paris et ne laissa derrière lui qu'une mauvaise réputation et cet alexandrin anonyme : « Ce mur murant Paris rend Paris murmurant. »

—  Solange MARIN

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LEDOUX CLAUDE NICOLAS (1736-1806)

  • Écrit par 
  • Daniel RABREAU
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Dans le chapitre « Le constructeur prolifique »  : […] Né à Dormans en Champagne, boursier d'un des plus célèbres établissements d'enseignement secondaire de la capitale, le collège de Beauvais, Ledoux eut une carrière essentiellement parisienne dont les prolongements en province furent considérables ou prometteurs. Doué d'une imagination exaltée, d'une ténacité et d'un enthousiasme communicatifs, il s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-nicolas-ledoux/#i_37644

Pour citer l’article

Solange MARIN, « MUR DES FERMIERS GÉNÉRAUX », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/mur-des-fermiers-generaux/